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CHRONIQUE ULTIME #1
Sur Les lionceaux de Claire Doyon et Long Way Home
de Peter Sollett
Par Ego ROST

Je considère comme impossible pour moi de critiquer un film. Soyons clairs, je parle d’une œuvre d’art, à priori ; qui comme toute chose s’apparente à l’indicible, au malentendu, au mal-vu, commence bien avant le premier mot et s’inscrit dans un temps qui nous dépasse, étranger : la durée. Au-delà de l’état plus ou moins fugitif, plus ou moins marquant dans lequel elle nous plonge, l’œuvre se poursuit après la mort...

Néanmoins on peut, et c’est ce que je veux faire, évoquer un film, un acteur, une musique, puisque c’est de ça qu’il s’agit ici. Evoquer plus que critiquer. Essayer de retranscrire et partager des sensations, des excitations. Avec une subjectivité objective, ou l’inverse.
Mais assumée.

Ceci étant dit, je vous assure que cette profession de foi prétentieuse ne sera pas respectée souvent et sans complexe et avec une totale mauvaise foi. Cette fois.



Il n’y a pas de hasard, ou si peu. Et de temps en temps les liens sont si évidents qu’ils paraissent suspects, mais lorsque B. me parle de la projection des Lionceaux à Beaubourg et, quelques jours plus tard, P. me prête le dévédé de Long way home, le lien entre ces deux films me saute tellement aux yeux. Alors je connais le sujet de cette chronique.
Il y a ce lien : deux films traitant du passage de l’adolescence à l’age adulte par la découverte de l’amour du corps de l’autre. Et dans ces deux œuvres, l’absence de psychologie complètement en accord avec ce rite de transformation chaotique hautement sensitif et instinctif. D’ailleurs, est ce que la psychologie ou son absence tient du fond ou de la forme d’un film ? Aucune importance.

Dans Les lionceaux, nous sommes sur une île, ou une langue de terre au bord de l’eau. Deux sœurs : Olive (Marie Félix) et Clémentine (Lisa Lacroix) jouent, se roulent en poussant des cris de bêtes ou chantés, pendant que leurs parents Néfertiti (Dani) et Robert (Jacno) enfermés dans l’obscurité de leur maison, sûrement des vampires, sculptent et font l’amour. Un couple extrêmement sensuel. Dani, sa voix sur- excitante : « Comment ça va mon amour, mon Pallas, mon Las vegas, mon renard, mon hibou, mon vautour ? »
Jacno répond avec une distance et un flegme de jeune homme moderne : « Et ta chatte, elle est comment ? »