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CAPITAINES D’AVRIL
de Maria de Medeiros
Par Denis VALLEE

SYNOPSIS : Un jeune homme rejoint sa caserne, le 24 avril 74, au Portugal. Il quitte avec regrets sa dulcinée, qui rêve d’aller en France, fuir l’état policier. Qui a peur de voir son amour partir mourir en Afrique, où les guerres coloniales font des ravages. Le Capitaine Maia ne se soucie pas du retard du soldat. Il a une révolution à préparer. Une femme, mère d’une petite fille, soeur d’un ministre, protectrice d’un étudiant emprisonné la veille, épouse d’un militaire revenu d’Afrique. Elle ne supporte plus son mari, à ses yeux coupables d’homicides volontaires, criminel de guerre. Elle ne lui trouve aucun courage. Pourtant, dans cette même nuit, la radio diffuse une chanson interdite, Grandola. Les chars avancent vers Lisbonne. Le gouvernement prend peur. La population se réveille de sa torpeur. Le Portugal va devenir le centre du monde, pendant 2 jours. Maia, Antonia, Gervasio... ils seront au coeur des événements.



POINT DE VUE

A 00h30, le 25 avril 1974, la radio Portugaise diffuse une chanson interdite « Grândola, vila morena ». C’est le signal annonçant le début de l’insurrection organisée par une partie des militaires. En peu de temps le pouvoir est renversé sans qu’il y ait une véritable effusion de sang (seulement 7 morts). Maria de Medeiros montre bien dans son film ce coté pacifique de la révolution des oeillets. On sent que pour elle c’est la raison principale de son film. Nous enseigner le courage d’hommes voulant changer leur destin mais sans avoir recours à la violence. Ce flot de bons sentiments, aussi louable soit-il, n’en fait pas pour autant un bon film. En effet, malgré un sujet a priori intéressant, le spectateur que je suis ne parvient pas à se sentir concerné par l’évolution du récit. Sachant que ce coup d’état s’est déroulé dans un climat relativement serein et de façon aventureuse, et connaissant la fin, on ne peut que regretter le manque d’audace de la réalisatrice, aussi bien dans la mise en scène que dans le déroulement de l’histoire. A chaque moment du film on ressent le manque de personnalité de Medeiros dans sa mise en scène. Le cadrage du film est d’une banalité troublante, sans véritable effet. Pour un sujet aussi dure que la reconstitution historique il faut un vrai réalisateur et non une débutante. Non pas que Medeiros soit une mauvaise réalisatrice, mais elle n’a tout simplement pas le caractère pour ce genre de film. Pour un premier film, c’est un pari dangereux.