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APRES LA RECONCILIATION
de Anne-Marie Miéville
Par Nadia MEFLAH

SYNOPSIS : Quatre personnes discutent de l’amour et de la vie, en apprenant (et les indiquant) plus au sujet de l’un et de l’autre qu’elles n’en n’ont jamais imaginé



DEUX OU TROIS CHOSES DE NOTRE HISTOIRE...

« Involontairement Les cailloux deviennent langues ou écho Et les sentiments sont à la portée de toutes les mains Cette nostalgie était peut-être notre moyen de durer Et l’odeur de l’herbe après la pluie » extrait du poème Le pain quotidien des oiseaux de Mahmoud Darwich Le Lit de l’étrangère poèmes traduits de l’arabe (Palestine) par Elias Senbar, édition Actes Sud

Comment comprendre ce titre énigmatique et surtout comment l’oublier dès lors que le film ne cesse de traquer l’avant de la séparation d’un homme et d’une femme ?

Cette séparation s’origine-t-elle dans l’enfance, le temps où les mots ne sont pas encore rationalisés (c’est-à-dire enjeu de pouvoir des adultes) ? Le film commence sur un écran noir, il clignote des images vidéo, il s’agit de prises de vue d’enfants dans une maison. C’est l’été, les enfants sont en maillot de bain, dénudés. Le garçon (huit ans environ) et une jeune fille aux cheveux châtains, ensembles. Hors-champ, une voix de femme demande « why are you laughing ? » la fille ne comprend pas, la caméra filme en gros plan son visage. Il y a à capter ses paroles, mêmes non dites. Franchir une porte sur la terrasse en fleur. Mais il n’y a pas de porte à franchir nous assène cette voix féminine sur l’écran noir. Le garçon rigole dans sa chambre et tombe « et puis voilà ». Le corps burlesque exprime sans paroles car il est acte. Mais la voix continue, têtue, à demander encore « tu penses au sens des phrases que tu recopies » le garçon écrit des mots sur son cahier, il la regarde (il nous regarde) « pourquoi ? ».

Anne-Marie Miéville se filme au bureau, parlant au téléphone. On reconnaît la voix. Elle n’a pas de solutions, c’est très difficile de se rendre libre de ses désirs. Elle dit apprendre à manier le fouet, à se promener.

Une voiture, deux femmes discutant, un homme dans la rue, c’est Robert. L’image noire et blanche est saturée (le piqué télévisuel) Anne-Marie Mieville conduit la voiture, elle explique à Jean-Luc Godard/Robert quatre fois nommé, l’enjeu de la discussion entamée. Il n’a pas soif. Le dialogue de sourd frôle l’absurde et justement un jeune roller s’accroche à l’arrière de la voiture, incident mineur où la grimace enfantine de Robert nous mène comme le jeune homme sur un hasard vif, un débordemend du cadre, un virage hors les mots, pour le plaisir de la glisse.