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HARRY CLEVEN
Réalisateur
Propos recueillis à Paris
le 16 février 2005
Par Laetitia HEURTEAU

Comédien formé au Conservatoire Royal de Liège, Harry Cleven s’est produit dans de nombreuses pièces telles que Phèdre, En attendant Godot ou encore La Ronde mais aussi dans de nombreux films (L’amour braque de Zulawski, Le Môme d’Alain Corneau, etc,). Ce qui explique sûrement son sens de la direction d’acteurs qui éclate ici dans Trouble, son troisième long métrage en tant que réalisateur (après Abracadabra en 1991 et Pourquoi se marier le jour de la fin du monde, en 1999) dont il signe également le scénario.

Un parcours de comédien et de réalisateur, forcément déroutant à l’image de Trouble, petite pépite du cinéma de genre encore auréolée de son récent succès au festival du film fantastique de Gérardmer (2005).



CINEASTE - SENSATION

Objectif Cinéma : Comment crée - t’on un film d’atmosphère, du scénario à la mise en scène ?

Harry Cleven : L’étape du scénario est importante, c’est un leurre de penser que l’atmosphère se fabrique après. Si on veut faire un film d’atmosphère, il faut écrire l’atmosphère. Quand on écrit un scénario, il faut savoir qu’à l’arrivée, on n’aura que de l’image et du son pour raconter des rapports intimes avec des gens où on n’aura pas le toucher, l’odorat, qui sont les sens les plus intimes, donc forcément, on doit être dans la suggestion.

Et c’est en écrivant que l’on travaille son étrangeté. Ensuite, en tant que réalisateur, c’est dans la manière de positionner la caméra, dans le découpage. J’ai travaillé un an sur mon découpage, sur le hors champ, sur ce que je ne veux pas montrer et je crois que ça crée énormément d’impressions parce que toute l’image a été construite sur les sensations que le spectateur partage avec le personnage. La caméra ne raconte pas l’histoire, mais l’histoire vue par le personnage.

Le montage, c’est pareil, et souvent l’utilisation de la musique, des sons en contrepoint par rapport à l’image : par exemple le générique avec les jumeaux est déjà inquiétant, en raison de l’utilisation d’une musique pas du tout inquiétante, une sorte de berceuse, dont le contraste avec les sons qui font glisser les images du foetus du jumeau dans le ventre qui apparaît, crée une atmosphère très bizarre, alors que, finalement, ça n’est jamais que l’image très charmante d’un fœtus dans le ventre d’une maman.