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PHILIP CHEAH
Programmateur
du Festival International
du Film de
Singapoure
Entretien réalisé à Singapore
en juillet 2004 par Lalit RAO

A part la musique rock, s’il existe quelque chose qui passionne Philip Cheah, c’est sans nul doute le cinéma et la critique de l’art cinématographique.

Personnage important du circuit des festivals du film en Asie, Philip Cheah est un grand admirateur de deux géants du septième art : Nagisa Oshima et François Truffaut.

Connu pour ses efforts infatigables, qui ont placé le Singapour sur la carte du cinéma mondial, Philip Cheah souhaite que le Festival International du film de Singapour fasse de son mieux afin de pouvoir aider les cinéastes Asiatiques dans la réalisation de leurs projets.



Objectif Cinéma : Depuis 1987 vous êtes associé au Festival International du Film de Singapore. Comment votre festival a-t-il évolué depuis ces années ?

Philip Cheah : Le Festival International du Film de Singapore est unique. C’était le 1er festival Asiatique de cinéma ayant une section spécifique de la compétition pour le cinéma Asiatique. A l’heure actuelle, c’est un bon forum pour le cinéma de l’Asie du Sud qui inclut les films venant de Singapore, de la Malaisie, de l’Indonésie, et des Philippines. Notre festival essaie toujours d’attirer l’attention sur des films remarquables réalisés dans ces pays asiatiques.

Notre Festival dépense une somme considérable pour organiser des rétrospectives des cinéastes asiatiques qui ne sont pas mondialement connus. Cette année, nous avons organisé une rétrospective dédiée à Laurice Guillen, une réalisatrice importante des Philippines.

Objectif Cinéma : Quel est l’état actuel du cinéma à Singapore ?

Philip Cheah : Depuis sa création en 1987, le festival International du Film de Singapore fait la promotion du cinéma au Singapore. Chaque année, il y a une compétition pour les courts métrages Singapouriens. Ce cinéma Singapourien a connu un nouvel essor en 1992 avec la sortie d’un film intitulé Medium Rare.La production cinématographique annuelle varie de 2 à 6 longs-métrages. On réalise également plus de 100 courts-métrages.

Objectif Cinéma : Depuis quelques années on pense généralement que le niveau de la critique cinématographique s’est détérioré. Quels est votre opinion sur cette tendance inquiétante ?

Philip Cheah : Nous vivons une ère post-moderne. Il y a beaucoup de critiques appartenant à la génération post-moderne qui sont incapables de sortir de ce moule. Ce sont des critiques qui n’arrivent pas à percevoir le cinéma dans son élément le plus profond. C’est précisément la raison qui fait qu’il existe des critiques qui font l’éloge d’un film comme Moulin Rouge. Pour certains critiques, la vision même de ce film est insupportable.

Le problème élémentaire est que l’histoire devient plus longue ! Les critiques récents sont obligés de mener une lutte afin de bien bosser ! La génération Baby Boom avait de la chance vu qu’elle pouvait facilement voir tous les classiques du cinéma. Celle-ci pouvait également comprendre des tendances de la culture Pop. Après la disparition de cette génération, il est difficile de trouver le contexte de l’histoire.