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FATIH AKIN
Réalisateur
Par Nicolas JOURNET

Un après-midi pluvieux. A quelques jours de la sortie française de Gegen die Wand (Head On en version internationale), Fatih Akin reçoit les journalistes au MK2 Biliothèque, dans l’une des antres parisiennes de son distributeur hexagonal. Alongé sur le canapé, les cheveux teints en blond à la Rachid Taha époque Carte de séjour, celui qu’on présente comme la figure de proue du renouveau cinématographique allemand dégage une puissance fauve, une énergie animale, mêlée d’une empathie immédiate pour son interlocuteur qui donne l’envie de prolonger la discussion jusqu’au bout de la nuit...



PUNK IS NOT DEAD

Objectif Cinéma : Pourquoi avoir voulu réaliser un film qui traite d’une relation amoureuse ?

Fatih Akin : Les relations amoureuses, ce sont les seules choses qui ont du sens, les seules choses qui pour moi méritent d’être racontées. Les histoires d’amour sont les histoires les plus fortes, on peut les projeter sur tout ce qui est possible : sur une comédie, sur une tragédie, sur un film d’action... sur tout. Chaque film d’action a besoin d’une histoire d’amour et d’ailleurs la plupart en ont une. Depuis le début, il était clair que le film serait une histoire d’amour, puis que ça devait avoir la forme d’une tragédie vu ce que nous devions raconter.

Objectif Cinéma : Pourquoi une tragédie et pas une comédie romantique à l’anglo-saxonne ?

Fatih Akin : La première idée, c’était de faire une comédie. Une femme demande à quelqu’un de l’épouser, pour quitter sa famille, et il le fait ! C’est une situation typique de comédie, on en aurait pu en faire un film romantique à la Green Card. Mais plus nous avons travaillé sur le film, plus nous avons vu que ce que nous voulions raconter ne passait pas dans le genre comique. La tragédie était la meilleure forme pour cette histoire.

Objectif Cinéma : Est-ce que la rencontre avec Birol Unel a influencé ce passage de le comédie vers la tragédie ?

Fatih Akin : C’est vrai. J’ai d’abord eu l’idée du film. Et puis, Birol est arrivé, je l’ai rencontré en 96/97. Tout a été très clair tout de suite : je voulais travailler avec lui, je voulais faire ce film avec lui. Birol a changé l’intrigue, j’ai finalement écrit le scénario pour lui, j’ai construit l’histoire autour de lui.