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9 SONGS
de Michael Winterbottom
Par Frédéric FOUBERT

SYNOPSIS : 9 Songs se déroule à Londres durant l’automne 2003. Lisa, une étudiante américaine, rencontre l’anglais Matt lors d’un concert de Black Rebel Motorcycle Club à la Brixton Academy. C’est le coup de foudre immédiat, le point de départ d’une histoire d’amour sensuelle et charnelle. Une histoire passionnée qui durera un an et se conclura pourtant par une rupture sans appel.



POINT DE VUE

Bien qu’il s’intéresse de près à deux des activités humaines les plus passionnantes (le sexe et le rock’n’roll), 9 Songs dilue un ennui cafardeux, en alternant scènes de baise entre deux amants (un Anglais et une Américaine) et sorties à la Brixton Academy pour voir, live on stage, quelques-uns des groupes les plus excitants du moment (le Black Rebel Motorcycle Club, Primal Scream, Franz Ferdinand...). Le dispositif est simple, l’image DV granuleuse à souhait, les rapports sexuels non simulés. Et puisqu’il faut tout montrer, ne cachons pas nos bâillements devant la platitude des dialogues et le surplace narratif.

Michael Winterbottom, prolifique réalisateur anglais, ambitionnait sans doute de bousculer les représentations de la sexualité et de créer une mini polémique avec son film-concept. Mais tout ici est trop sage, terriblement conformiste. Rien n’a changé depuis Le Dernier Tango à Paris : on fait l’amour dans des appartements froids, on le filme de la même façon. Seule nouveauté : de vagues et timides pratiques sado-masochistes semblent s’être démocratisées et être monnaie courante chez les plus ordinaires des trentenaires occidentaux.

Le grand courage du film, c’est de n’avoir pas reculé devant l’énormité des lieux communs. Winterbottom associe deux idées vieilles comme le monde (enfin, notre monde, celui né dans les années cinquante) : la pulsion sexuelle est inhérente au rock (Elvis Presley, 1954) et filmer l’amour entre deux jeunes gens, ça consiste à les montrer en montage syncopé faisant des grimaces devant le miroir de la salle de bains (Jean-Luc Godard, 1959). Sur le même sujet (musique et sexualité), le dernier clip d’Helena Noguerra et Philippe Katerine, Je t’aime salaud, dit plus long et beaucoup mieux en trois réjouissantes minutes.