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JEUDI 13 MAI

Les conséquences de l’amour de Paolo Sorrentino

L’homme qui « n’avait de futile que le nom », Titta Di Girolamo, traîne depuis huit ans son austérité dans un petit hôtel suisse. Le personnel l’appelle « Docteur », ce misanthrope et mutique quinquagénaire, sans qu’on sache véritablement pourquoi. Car l’homme est mystérieux, passant son temps à observer les rares clients ou la ravissante serveuse du bar. Tous les mois, il a rendez-vous avec le directeur de l’hôtel pour payer sa chambre, en se gardant bien de répondre à sa curiosité. Chaque semaine, Girolamo s’envoie sa dose d’héroïne à une heure ponctuelle, et à périodes régulières, saute dans une BMW flambant neuve pour porter des valises remplies d’argent dans une banque, où il fait recompter les billets par les employés (« parce que le jour où on fera plus confiance aux machines qu’aux hommes, ce sera la fin de tout... »).

Difficile de filmer le vide, la contemplation, de faire en sorte que le spectateur entre en empathie avec un personnage perdu dans des secrets lourds en attente d’être révélés. Sorrentino y réussit pourtant assez bien, exploitant sous toutes les coutures l’apparence physique, le comportement de son personnage (excellent Toni Servillo, acteur de théâtre italien) tout comme son environnement géographique. Soucieux de retenir l’attention sur un sujet mince, il ménage les surprises narratives, alterne dilatation du temps et scènes clippées, enrichit sa bande-son de sons amplifiés et de musiques très variées (James, Notwist, Kid Loco, Lali Puna). Paradoxalement, Les conséquences de l’amour est un film pris dans la toile de mouvements réguliers (mouvements de caméra, mouvements à l’intérieur du plan) alors qu’il ne s’aventure que très rarement hors de l’hôtel.

L’amour secret qu’il porte à la jeune serveuse aura donc ses conséquences : la révélation de son principal secret (il est employé par la Mafia) et sa perte...

Mais Girolamo est-il pour autant démasqué ? Qui est-il réellement ? Il emportera son secret dans la tombe qu’il s’est construite...

L’armée des morts ( Dawn of the Dead ) de Zack Snyder
(Hors compétition)

Les morts vivants ont envahi la planète. On ne sait pas ce qui s’est réellement passé. Il suffit qu’ils mordent les derniers humains vivants pour que ces derniers rejoignent cette armée des morts violente aux corps désarticulés. Un petit groupe de survivants réfugiés dans un hypermarché de Milwaukee résiste à ces envahisseurs et tente d’échapper à ce cauchemar.

Même si Zack Snyder, le jeune réalisateur de pubs américain, n’a pas inventé la poudre, son remake du mythique Zombie de George Romero se laisse suivre sans déplaisir, d’autant plus qu’il ménage quelques clins d’œil amusants (cf le sniper visant les morts vivants du jour, à l’instar d’un Burt Reynolds plus vrai que nature) et un second degré bienvenu. Pour le reste, le film reste sans surprises, construit sur le mode traditionnel des films d’horreur américains.
Le dernier quart d’heure racontant la fuite des survivants à l’intérieur de camions fendant les flots de morts-vivants est cela dit assez impressionnant.