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CINEASTES EN
MILIEU EXTRÊME

A propos du Dernier trappeur de Nicolas Vanier et de
La Marche de l’empereur
de Luc Jacquet
Par Nicolas ONNO

Le Dernier trappeur, de Nicolas Vanier, dont le double DVD vient de sortir aux éditions TF1 Vidéo, et La Marche de l’empereur de Luc Jacquet, ont rencontré un franc succès auprès du public. Tournés dans des conditions dantesques, ces docu-fictions célèbrent la beauté de la nature et du Grand Nord. Une expérience douloureuse. Et unique.



L’un est scientifique, l’autre se dit aventurier. Le premier filme une colonie de manchots sur le continent antarctique, le second un vieux trappeur solitaire dans le Grand Nord canadien. Pour autant, les deux cinéastes sont liés par leur amour des immensités glacées et des latitudes extrêmes. Une passion commune pour la beauté du désert blanc les a conduit à réaliser leurs longs métrages, La Marche de l’empereur et Le Dernier trappeur, dans des conditions de tournage pour le moins tumultueuses.

LE SPECTACLE DE LA NATURE

Quatre ans de préparation ont été nécessaires à La Marche de l’empereur. Luc Jacquet est biologiste de formation. Durant quatorze mois d’hivernage en terre Adélie (décembre 1991 - février 1993), il découvre cet étrange oiseau. En 2000, à l’aide de Christophe Barbaud, chercheur au CNRS, il fait un état des connaissances sur le manchot empereur, et en tire une histoire et un scénario. Deux ans plus tard, la maison de production Bonne Pioche se lance dans l’aventure.

Pour l’explorateur Nicolas Vanier, déjà au fait de la machinerie cinématographique en « milieu extrême » avec plusieurs réalisations (principalement des films documentaires sur ses expéditions dans le Grand Nord, entre la Laponie et l’Alaska (1)), le projet fut plus simple à mettre en place. « La rencontre avec Norman, un vrai trappeur, a été déterminante, expliquait Jean-Pierre Bailly, son producteur. J’ai tout de suite eu envie d’adapter cette histoire pour le cinéma. Pour le spectacle bien sûr et pour donner à cette histoire d’amour entre l’homme et la nature le plus de retentissement possible. » Le Dernier trappeur est son premier long métrage de fiction.

Le film de Nicolas Vanier a dépassé les deux millions de spectateurs. Et plus d’un million ont assisté au cycle de reproduction des manchots de Luc Jacquet. Une heureuse surprise ? Le spectacle de la nature, belle et vierge, fait recette. Les récents (et remarquables) succès de Microcosmos (1995) ou du Peuple migrateur (2001) avaient démontré la fiabilité nouvelle du genre, initié en 1956 avec Le Monde du silence de Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle (Palme d’Or à Cannes). Scénarisés, agrémentés de belles histoires, simples et accessibles, mis en valeur par la pop givrée de la jeune Émilie Simon, et même humanisés par des voix auxquelles tous pourront s’identifier (La Marche de l’empereur), ces documentaires se métamorphosent en un joli spectacle familial. Le Dernier trappeur était par exemple sur les écrans français dès le 19 décembre 2004, à l’approche des fêtes.