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LA 25ème HEURE
ANYTHING ELSE

De Spike Lee et
de Woody Allen
Par Frédéric FOUBERT

SYNOPSIS - La 25e heure : La dernière nuit de liberté de Monty, un trafiquant de drogue, avant qu’il ne purge une peine de prison de sept ans au pénitencier d’Otisville. Autrefois l’un des rois de Manhattan, il s’apprête à dire adieu à une vie de faste et de plaisirs qui l’avait également éloigné de ses proches.

SYNOPSIS - Anything else : Entre Jerry, jeune écrivain comique, et Amanda, ça a été le coup de foudre. Tout les rapprochait, une vie de bonheur s’ouvrait et pourtant... Pas si simple la vie au jour le jour avec Amanda, un peu névrosée, boulimique, jamais ponctuelle et qui devient hystérique dès que Jerry la touche, pas facile de se séparer de son agent quand on est son unique client, dur de partager son appartement avec sa belle-mère.



REQUIEM POUR UNE VILLE

Tournés en 2002, La 25ème Heure de Spike Lee et Anything Else de Woody Allen sont deux fictions new-yorkaises post-traumatiques, parmi les rares à avoir su enregistrer l’onde de choc du 11 septembre, loin de la thèse politico-filmique (le film collectif 9/11) ou de la simple évocation. Quelques heures après l’attentat, les producteurs hollywoodiens décidaient déjà d’effacer numériquement le World Trade Center de toutes leurs superproductions en cours, condamnant ainsi Spider-Man à lancer sa toile à des hauteurs beaucoup moins vertigineuses. Mais gommer si facilement les Twin Towers, c’est reproduire à l’échelon technologique et médiatique le terrorisme imbécile. La plaie est plus profonde, à peine cicatrisée. New York, la ville-monde, la ville-cinéma, ne sera plus jamais la même. Aujourd’hui, les cendres refroidies, le travail de deuil entamé, les projets de reconstruction de Ground Zero lancés, les images de New York sont investies de mélancolie, de douleur, et d’un irrépressible besoin de crier que, même blessé, on est en vie. Ceci, deux cinéastes sont venus nous l’annoncer.

Dans leurs films respectifs, Spike Lee et Woody Allen nous content des histoires apparemment comme avant (un polar urbain, une comédie sentimentale), mais rien n’est identique. Chez Spike Lee, c’est un séisme, car La 25ème Heure s’affirme clairement comme une élégie dédiée à l’événement, montrant les faisceaux lumineux symbolisant les deux tours dès le générique, filmant le vide, l’absence, et plaçant son récit sous le signe de la tragédie. Chez Allen, c’est juste un frémissement, une fêlure, un rouage détraqué dans la mécanique du cinéaste. Quelque chose manque, quelque chose a changé.