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Option n°1, vous êtes du genre producteur attentif à votre poulain, le réalisateur auquel vous croyez dur comme fer. Alors vous vous investissez sans compter, tentez de satisfaire ses desiderata, vous pliez en quatre pour l’obliger, vous vous ruinez pour qu’il accomplisse son grand œuvre, en somme vous pariez sur lui. Et là, en cas d’échec, c’est la ruine. Mais en cas de réussite, c’est quasi pareil. Vu que le court métrage n’est pas la plus lucrative des activités, vous assurez juste votre survie pour quelques mois de plus. Le temps de souffler. Un pécule qui vous permettra de financer un autre projet. Et tout recommence. Et le pire est à prévoir, encore une fois.

Option n°2 : Production en masse, quantité plutôt que qualité. Voici la recette : développer dix projets à la fois, gratter des financements à droite à gauche, frapper à toutes les portes, supplier toutes les institutions, faire le siège de tous les évergètes, ne laisser aucun répit aux mécènes et surtout, gratter sur les dépenses, ne rien lâcher, serrer les cordons de la bourse, être industriel avant toute chose et ne pas vous laissez aller à des considérations artistiques, sans quoi c’est la banqueroute instantanée. Et l’un dans l’autre, vous faîtes tourner la boutique. Vous vous esquintez la santé aussi. Et n’attirez pas forcément la crème des créateurs. Mais quelle que soit l’alternative que vous choisissiez, la fortune n’est pas au bout, n’y comptez pas. A moins de tomber sur la perle rare.

Imaginons, vous avez du flair, un rien de chance, le cas hautement improbable, mais supposons que vous dénichez le Spielberg de la génération montante. Soit un jeune type terriblement doué qui va vous pondre deux ou trois chef-d’œuvres susceptibles de remporter des prix et d’éveiller la curiosité du public, des acheteurs, des cinéphiles, de toute la faune qui arpente inlassablement les festivals. Vous voilà propulsé. Les films rapportent, les co-producteurs se pressent, vous avez l’opportunité d’entrer dans la cours du long métrage, de gagner enfin un peu d’argent. Fini la société de prod. végétant dans la cuisine de votre mère, fini le travail bénévole, fini les sacrifices concédés dans l’espoir d’un hypothétique retour sur investissement. Vous accédez enfin au vrai business, là où se font les deals véritables, juteux à souhait, avec des sorties en salle, à l’étranger, en vidéo. Mais ceci n’arrive pas. Quasiment jamais. Et les producteurs continuent de ramer.

Première découverte donc : les producteurs de courts ont faim. Ils sont affamés de jeunes talents, de subventions, de prix, de succès. Et nous déjeunons de concert.