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CONCERT DE
VLADIMIR COSMA

Par Laetitia HEURTEAU

Bien se caler dans son fauteuil de cuivre matelassé rouge et ouvrir grand ses mirettes dans cette salle du Grand Rex, mythique par ses soirées d’avant-premières de film et de concerts tant attendus... Ce soir ces deux grandes occasions de paillettes, de musique et de rêve ne feront plus qu’une autour d’une figure incontournable du cinéma français : le compositeur de films, Vladimir Cosma, « l’homme aux 300 compositions ».



Cette nuit, le Grand Rex ressemble à une salle de théâtre, avec ce grand et imposant rideau rouge, ouvert sur toute une assemblée de musiciens qui attendent patiemment que leur chef d’orchestre les rejoigne et lance le bal. Au centre, un grand écran suspendu, qui va projeter les photos des films cultes dont Vladimir Cosma a signé la musique : La Gloire de mon père, Le Château de ma mère, Diva, Rabbi Jacob, Le Dîner de cons, La Vouivre, La Boum 1 & 2... Attention, le maestro vient d’arriver. Première salve d’applaudissements. Musique !

Les premières notes jouées, les souvenirs affluent déjà. Vladimir Cosma est notre petite madeleine proustienne du cinéma. La Gloire de mon père et ses premiers accords qui imitent le chant des cigales, c’est toute notre enfance réveillée. Une enfance sublimée, bien sûr, par le concours de Pagnol et du réalisateur Yves Robert. Pour une fois, c’est la musique qui va au-devant des images, ici figées sur l’écran. Les images n’ont qu’à bien se tenir face à ces notes tour à tour, nostalgiques, comme celles de La Valse Augustine, extraite du Château de ma mère ou bien encore celles de Salut l’artiste), drôles et alertes (Le Bal des Casse-pieds) ou bien celles complètement décalées de La Chèvre ou du Grand Blond avec une Chaussure noire.

Le choix de musiques de films recomposées pour l’orchestre symphonique de Lyon, est, on le voit bien, éclectique. « J’ai réalisé que le cinéma était un formidable moyen d’expression pour un compositeur d’aujourd’hui. En fait, le 7° art a remplacé pour nous compositeurs, les anciennes formes de spectacles comme les divertissements scéniques, les ballets de l’opéra qui suscitaient des créations musicales. Aujourd’hui, il n’y a pas de musique de Cour, l’Eglise ne nous emploie plus, et je ne vais pas attendre les commandes de l’Etat. Reste le cinéma, » aime à déclarer Vladimir Cosma, qui a signé sa première musique de film en 1965 pour Alexandre Le Bienheureux. Un titre de film qui lui a non seulement porté chance mais qui le caractérise sur scène à merveille. Cosma est ici visiblement à la fête. Sa gestuelle précise de chef d’orchestre, ne l’empêche pas de danser sur les airs endiablés de Rabbi Jacob ou du Dîner de cons.