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CES FILMS MUSICAUX AU CHARME DISCRET
Par Cécile BORD

Encrés dans une époque où les notes permettent souvent aux images d’exprimer leur sensibilité et leur profondeur sensorielle, quelques réalisateurs mélomanes osent offrir à cet art magique qu’est la musique une occasion d’être bien plus qu’un accompagnement secondaire. En effet, nombreux sont aujourd’hui ces films qui imposent la culture musicale comme l’un de leur sujet central, mariant les références indiscutables de la pop, du rock, de la soul et même du jazz, entraînant l’attention fragile de notre ouïe trop souvent manipulée. En complément de ces bandes originales créatives, ils mettent en scène de réelles interrogations sur le monde de l’industrie musicale, prônant avec passion une authenticité perdue, une sensibilité que certains artistes auraient vendue aux plus offrants et troquée contre une nouvelle machine à composer des tubes calibrés sans âme et sans originalité.



Le magasin de disques marginal est un des théâtres nécessaires à ce constat. C’est là que John Cusack dans High Fidelity, choisit de célébrer à sa manière la musique témoin d’une certaine nostalgie mais aussi celle de sa vie mouvementée, de ses hauts et de ses bas, la bande originale de sa détresse face à la rupture et à l’échec. "Est-ce qu’on écoute de la musique parce qu’on est malheureux ou est-ce qu’on est malheureux parce qu’on écoute de la musique ?" On peut se poser la question dans un monde où quelques mélodies permettent de déclencher en nous une douloureuse mélancolie, de réveiller des souvenirs éprouvants, des pertes et des déboires, où un refrain qui n’a de la simplicité que l’aspect, nous répète en vain que la fin est proche et que vie rime avec souffrance et désillusions.

Toutefois, la musique peut aussi exprimer la joie et le désir de se réveiller dans le souffle d’une aurore bleutée synonyme d’espoir et de renouveau (du moins faire comme si...), c’est le cas de celle qu’écoutent les vendeurs agités de l’Empire Records, autre magasin menacé par les franchises, véritables supermarchés musicaux où les vendeurs-robots n’ignorent pas la place de la marchandise classée machinalement, mais plutôt le contenu culturel et artistique de cette dernière, leur réelle essence et raison d’être assassinées à grand coup de publicités calculées. Menacé, donc, mais combatif ce groupe de jeunes amateurs connaît et défend la musique avec un enthousiasme jubilatoire, un entrain quasi-électrique qu’on retrouve trop rarement chez la jeune génération de cette réalité bancale qu’on appelle société (de consommateurs ?).