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C’est amusant, car en préparant cet entretien, je me suis aperçu que tout ce que j’avais fait avant, (c’est-à-dire la comédie, le théâtre, les langues, ma passion pour le cinéma, les études littéraires à Censier - j’ai fait une licence de lettres modernes ) me sert maintenant dans ce métier, pour mes adaptations, car lorsque j’écris mes dialogues, je les joue dans ma tête pour voir si c’est « jouable », s’ils ne sont pas trop denses, pas trop chargés, si les sonorités sont possibles, etc. Tout ça m’a préparé à ce que je fais maintenant, mais de façon inconsciente, parce que je ne savais pas du tout que j’allais faire ce métier-là. Je savais à peine que ça existait. Je savais qu’il y avait des gens qui écrivaient des sous-titres, et pour le doublage, j’avais vu des reportages montrant des comédiens enregistrant « à la barre », devant la bande rythmo, mais je ne savais pas quels étaient les rouages et la technique de tout ça. Les études de théâtre aident certainement, on acquiert un sens du dialogue, mais il y a différentes méthodes. Il y a des dialoguistes qui ne jouent pas du tout les répliques qu’ils écrivent, moi je les dis pour entendre si c’est « jouable », si ça sonne juste et si le rythme est bon.

Objectif Cinéma : Et aujourd’hui vous travaillez donc en free-lance, mais êtes-vous rattaché à une société en particulier ?

Bruno Chevillard : Depuis deux, trois ans, je travaille beaucoup pour Disney, BVI (Buena Vista). Oui, c’est certainement eux qui m’appellent le plus.

Objectif Cinéma : Sur quels films et séries avez-vous travaillé ?

Bruno Chevillard : Dans les derniers films que j’ai adaptés il y a La Vie Aquatique. L’an dernier il y a eu Starsky & Hutch.

J’ai travaillé aussi sur une mini série magnifique qui s’intitule Angels in America et qui est passée sur Canal Plus. C’est une série de 6 épisodes, réalisée par Mike Nichols, avec Meryl Streep, Al Pacino, Emma Thompson, et j’ai fait les 3 derniers, les trois premiers étant adaptés par Houria Lamhene-Belhadji. C’est un des films sur lesquels j’ai eu le plus de douleur et de plaisir, parce que le sujet était difficile, impliquant, mais c’était vraiment passionnant de travailler sur une œuvre aussi riche. Ça se passe à New York, dans les années 80, et ça parle du sida, mais aussi de politique, de religion, de la société américaine sous Reagan, du procès des Rosenberg... J’ai adapté plusieurs films italiens, Juste un baiser, et puis Souviens-toi de moi. J’ai eu la bonne idée de choisir l’italien comme troisième langue au lycée, et ça m’a beaucoup servi. En fait, quand mon site Internet a été créé, quelqu’un de chez Disney m’a appelé, en me disant qu’ils allaient faire adapter un film italien, L’ultimo bacio (Juste un baiser). J’ai repris des cours parce qu’il me restait de bonnes bases mais j’avais quand même besoin de me remettre à niveau. Ensuite j’ai adapté le Pinocchio de Benigni, qui n’était peut-être pas son meilleur film, mais c’était quand même intéressant de travailler sur ce film, et sur différents autres films italiens. Ça change du cinéma américain. C’est plus proche de ma culture, les scénarii sont conçus autrement...