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BILL PLYMPTON
Réalisateur
Propos recueillis à Paris
le 5 avril 2005
Par Frédéric CAMUS

Aucun doute possible, Bill Plympton est un cas. Celui qui d’après sa mère dessinait déjà dans son berceau nous propose aujourd’hui son quatrième long-métrage d’animation, Hair High, dans lequel l’habituelle veine trash et délirante qu’on lui connaissait se double d’un romantisme et d’une nostalgie auxquelles on ne s’attendait pas. Si besoin était, Hair High confirme que Plympton est plus que jamais un dessinateur de génie, mais aussi un raconteur d’histoires qui, à l’occasion d’une plongée dans ses années de jeunesse, dissimule sous des hectolitres de gore hilarant une sensibilité unique qui rend son œuvre encore plus passionnante.



Objectif Cinéma : Votre dernier film, Hair High , sort en France le 20 avril prochain. Quelle est l’origine de ce nouveau film ?

Bill Plympton : Tout est parti d’un rêve que j’ai fait. Habituellement, je ne me sers pas de mes rêves pour mes films, mais ce rêve était très intéressant. Comme on le voit dans le film, il y a une voiture au fond de l’eau, et deux corps décharnés à l’intérieur. Soudain la voiture démarre, les phares d’allument, les poissons s’enfuient, et la voiture commence à avancer dans la vase. Elle sort de l’eau, remonte sur la berge, puis entre dans une petite ville, et se dirige vers un bal, comme un bal d’étudiants de fin d’année.

Voilà mon rêve. J’avais cette histoire curieuse, mais il me manquait comment la voiture était arrivée là, et ce qui s’était passé au bal. Voilà les éléments que je devais mettre ensemble, et ça a été un vrai plaisir que de le faire, en y incorporant d’autres choses comme un match de foot déjanté, un poulet qui sodomise un arbitre...

Objectif Cinéma : Justement, vous n’avez pas peur de perdre une partie du public avec ce genre d’histoires ?

Bill Plympton : Oui, ça complique un peu la distribution du film, d’autant que la plupart des distributeurs ne sont pas particulièrement contents d’avoir à faire à ce genre de scène. Mais vous savez, je reste persuadé que c’est ce qui rend le film comique, et je suis convaincu que le public adore ces blagues délirantes.

Objectif Cinéma : C’est comique, mais ça n’est pas un comique débile. On s’approche d’un humour plus intelligent et élaboré que dans la plupart des teen-movies par exemple.