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LAURENT DAILLANT
Chef opérateur de cinéma
Par Ferdinand PIGNON

Rencontre, un soir sur le pont Bir Hakeim, avec Laurent Daillant, directeur de photographie renommé. Ce dernier travaille actuellement sur le tournage de L’enfer, réalisé par Danis Tanovic et a bien voulu nous parler de son travail et de son approche du tournage.

Le lieu même était propice à un échange à propos de l’expérience cinématographique étant donné qu’il a déjà été choisi par de grands cinéastes, et que de grands chefs opérateurs y ont travaillé. Il a lui-même cité Le dernier tango à Paris de Bertolucci et ainsi évoqué le travail de Vittorio Storaro. Mais le pont Bir Hakeim est aussi un lieu qui lui est familier (il y a tourné une scène d’Aram de Robert Kechichian). Ainsi, comme il l’a déclaré cet endroit de Paris n’est pas anodin ; « C’est un endroit de cinéma. »



Objectif Cinéma : Qu’en est-il du rapport entre les réalisateurs de la jeune génération et les chefs opérateurs ?

Laurent Daillant : En France la position du chef opérateur est parfois un peu étrange. Il y a des producteurs qui vont demander à un jeune metteur en scène, dont c’est le premier film, de prendre un chef opérateur d’expérience qui puisse le guider. En même temps, il y en a d’autres qui trouvent que les chefs opérateurs ont trop de pouvoir ou trop d’expérience.

Selon les films qu’on tourne, il peut y avoir des vrais soucis de compréhension quant à notre travail. Cette situation contradictoire a amené tout récemment l’AFC (l’association des chefs opérateurs en France) à redéfinir une charte de ce qu’est le travail d’un directeur photo sur un film. C’est lui qui doit être le garant de l’image et de la cinématographie d’un film.

Il y a deux sortes de tournage, ceux où le réalisateur laisse au chef opérateur le soin de garantir l’image et sa mise en place et ceux dans lesquels le réalisateur se sent responsable de l’image. C’est un vaste sujet et il existe bien des histoires sur les duos de réalisateurs et de chefs opérateurs. Je me souviens pendant le tournage de Didier, un matin Alain Chabat m’appelle : « J’ai la tête dans le sot, commence sans moi ! » Lorsqu’il arrive : « C’est un plan de chef opérateur. On va pas faire comme ça. »