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VERTIGO
SUEURS FROIDES

d’Alfred Hitchcock
Par André-Michel BERTHOUX

SYNOPSIS : Scottie est sujet au vertige, ce qui lui porte préjudice dans son métier de policier. Rendu responsable de la mort d’un de ses collègues, il décide de quitter la police. Une ancienne relation le contacte afin qu’il suive sa femme, possédée selon lui par l’esprit de son aïeule. Scottie s’éprend de la jeune femme et se trouve ballotté par des évènements qu’il ne peut contrôler.


THE COIT TOWER ET LE FANTASME DE SCOTTIE

Dans le film d’Alfred Hitchcock, Vertigo (titre dénaturé par la version française, Sueurs froides), qui se déroule à San Francisco, Madeleine retrouve l’appartement de Scottie grâce à la fameuse tour dont l’architecture particulière représente une lance d’incendie (1), « a fire hose nozzle », disent les habitants de la ville. C’est alors que Scottie lui répond : « c’est bien la première fois que ce monument m’aura rendu un service » (2).

Toujours dans la même scène, le chignon de Madeleine (3), qui est accoudée à la balustrade de l’entrée, effleure, du fait de l’effet visuel dû à la profondeur de champ, la base de la tour aperçue au loin. Ce détail auquel je n’avais jamais prêté attention m’est devenu significatif dès lors que je l’ai relié à une séquence précédente qui se déroule au musée.

Hitchcock prend soin de nous montrer en gros plan la coiffure de Madeleine (diégétiquement, il s’agit du regard de Scottie puisque la caméra devient subjective). Sa structure spiroïdale, imitant en cela celle de la femme, son aïeule, dont elle regarde le portrait, donne à voir en son centre un trou noir.

Cette coiffure seul un plongeon dans la baie de San Francisco pourra la défaire et sûrement pas son sauveur qui a seulement ôté les vêtements de sa rescapée pour les faire sécher. Pourtant tous deux sont complémentaires : porte et robe de chambre rouge pour Scotie, robe et voiture verte pour Madeleine. Dans l’appartement de Scotie, elle lui raconte qu’elle est déjà tombée dans un lac, dans une rivière mais dans la baie auparavant jamais. « Moi aussi c’est la première fois » (4), lui répond-il.