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L’IMPRESSIONNISME ET LA NAISSANCE DU CINEMATOGRAPHE
Jusqu’au 18 juillet 2005
Musée des Beaux-Arts
Lyon
Par Nicolas VILLODRE


IMPRESSIONNISME ET CINEMA

Ce n’est pas un hasard si la première exposition impressionniste a eu lieu, peu de temps après la Commune de Paris, en 1874, dans les ateliers du photographe communard Nadar. Soit une vingtaine d’années avant la première projection publique du Cinématographe Lumière au Grand Café, le 28 décembre 1895 (dans les sous-sols de l’actuel Hôtel Scribe, près de l’Opéra de Paris). L’exposition du Musée des Beaux-arts de Lyon, Impressionnisme et cinéma, met en évidence un double mouvement : celui qui va de la photographie (de la camera obscura et des règles de la perspective) à la peinture - on sait que, au moins depuis les romantiques, la photographie a servi à la documentation puis au travail de composition des peintres - et, de l’autre côté, celui de la tentation pictorialiste (au sens où Puyo entendait ce terme) des premiers cinéastes, à commencer par les frères Lumière et leurs opérateurs.

Parmi les raretés exposées au Musée des Beaux-Arts, on peut remarquer quelques trésors provenant de chez Lobster et, bien entendu, les magnifiques films (tous restaurés, notamment par les Archives du film, présentés dans des tirages flambant neufs) proposés par l’Institut Lumière, sur les danses serpentines de l’école de Loie Fuller, sur la vie quotidienne en 1900 ou sur les numéros acrobatiques des comiques Foottit et Chocolat (dont Cocteau avait pu apprécier, enfant, la qualité artistique et la poésie populaire en se rendant dans des music-halls parisiens comme le Nouveau Cirque). Notamment ce numéro de danse au sol qui annonce certains pas du hip hop.

L’exposition présente naturellement des œuvres de Renoir, Monet, Pissarro, Sisley, Bazille, Caillebotte, accrochées à côté d’autochromes et d’écrans où sont projetés des films de Lumière, mais aussi quelques-uns d’Edison ou de cinéastes expérimentaux néo-impressionnistes comme Rose Lowder. Si, comme tend à le montrer le voisinage de toiles de Monet ou de Caillebotte sur la gare Saint-Lazare avec les films « ferrovières » de Lumière (l’Arrivée d’un train en gare de la Ciotat étant le plus connu mais non le seul), les rapprochements thématiques entre œuvres picturales, photographiques ou filmiques ne posent pas, dans l’ensemble, de problèmes (encore que certaines confrontations semblent un petit peu forcées), tel n’est pas le cas du traitement par les différents moyens d’expression utilisés. Les sujets traités tendent plutôt à rapprocher des médias qui ont depuis cette époque gagné en autonomie.