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L’ELARGISSEMENT ET LES PROGRAMMES DE SOUTIEN DE L’UE AU RATTRAPAGE
Le cas de la cinématographie
des Pays d’Europe Centrale
et Orientale
Par Maxime DUDA

L’ETAT DE LA CINEMATOGRAPHIE DANS LES PECO



C’est probablement un des plus tristes paradoxes de ces dernières années : alors que le retour à la démocratie dans les pays d’Europe centrale et orientale à la fin des années 80 avait suscité énormément d’espoirs d’ouverture et de coopération culturelle, il faut bien reconnaître que la réalité du marché est plus que décevante. Seulement 42 films d’Europe centrale et orientale produits après 1996 ont fait l’objet d’une distribution commerciale effective dans au moins un des quinze Etats membres de l’Union durant les six dernières années. Cela représente 0,7 % des films nouveaux distribués dans l’Union européenne pendant cette période.

Ces 42 films ont réalisé 2,2 millions d’entrées dans l’Union, soit une part de marché de 0,054 %. Pendant la même période, les parts de marché des films de l’Union européenne ont rarement dépassé 9% des Marchés nationaux des PECO et cela, grâce à l’action volontariste (mais sans moyens financiers suffisants) du Programme Europa Cinemas.

I. La dimension juridique de l’élargissement

A- L’intégration des PECO à la politique audiovisuelle communautaire

Trois questions majeures se posent pour cet élargissement :

1. Comment se présente aujourd’hui la prise en compte de l’acquis communautaire en matière audiovisuelle, dans les législations des pays candidats ?
2. Quels sont les problèmes qui subsistent , notamment, pour concilier les exigences de l’OCDE ou de l’OMC, et celles de l’Union européenne ?
3. Comment ces nouveaux partenaires seront-ils associés à la révision de la directive TV sans frontière, et plus généralement à l’élaboration des nouvelles directives destinées à répondre aux évolutions technologiques en cours ?

Sur la première question, un constat peut être fait : Sans "Acquis communautaire", telle la Directive Télévision sans Frontière (il n’y pas d’acquis cinématographique), les dix pays participant à l’élargissement risquent de peser de manière néfaste pour la Diversité Culturelle et le cinéma européen (législation à la baisse, faible protection sociale, dumping, financements hors normes). C’est pourquoi en 2002 le Conseil des Ministres de la culture de l’Union européenne a demandé qu’une recommandation soit envoyée aux dix pays candidats pour que des "standards" minimums de protection de chaque industrie cinématographique nationale dans l’Union européenne (les quinze pays actuels de l’Union européenne ont des aides nationales) soient clairement annoncés comme légitimes.