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KINGDOM
OF HEAVEN

de Ridley Scott
Par Laetitia HEURTEAU

Synopsis : En perdant sa femme et son fils, Balian (Orlando Bloom), un jeune forgeron, a presque perdu la foi. Alors qu’il pleure leur disparition, un chevalier vient le trouver. Godefroy d’Ibelin est un croisé, un baron du roi de Jérusalem ayant pour mission de préserver la paix en Terre sainte. Il révèle à Balian qu’il est son père et lui demande de l’accompagner jusqu’à la Ville sainte. Balian accepte mais Godefroy tombe dans une embuscade. Juste avant de mourir, le père transmet à son fils son titre et ses terres à Jérusalem. Entre la deuxième et la troisième croisade, une paix fragile règne sur la Ville sainte, grâce aux efforts de son roi chrétien Baudouin IV et à la modération du légendaire chef musulman, Saladin. Balian découvre une ville où ses habitants de confession chrétienne, musulmane et juive coexistent pacifiquement. Mais, malade, les jours de son souverain Baudouin IV sont comptés et le fanatisme, l’appât du gain et la jalousie menacent la trêve...



POINT DE VUE

Après le souffle épique qui balayait déjà le sol des arènes de son Gladiator, Ridley Scott nous fait découvrir celui du temps des Croisades, petit îlot mystérieux perdu dans l’immense océan de l’adaptation hollywoodiennes des grandes fresques historiques. Quelques mois après la transposition peu convaincante d’ Alexandre le Grand vu par Oliver Sone, et tout juste un an après les déambulations du guerrier Brad Pitt en jupette, voici enfin un spectacle digne de ce nom.

La construction du scénario est pourtant on ne peut plus classique, puisque basée sur le récit du parcours initiatique que vit le jeune Balian, incarné ici par un Orlando Bloom plus mûr et qui ne déçoit pas dans un rôle pourtant exigeant, c’est-à-dire à la fois très physique et intériorisé.

Si le récit commence et finit dans une France médiévale âpre et glaciale, il est surtout question pour Ridley Scott de mettre en scène une Jérusalem sublimée, afin de mieux comprendre la raison de ces vagues de croisés qui se succédèrent pendant près de deux siècles. Le travail sur les couleurs, les lumières et les costumes et dont le personnage le plus emblématique est celui de Sybille, sœur du roi Baudouin IV témoigne ici de cette esthétique chère à Ridley Scott qui est de faire surgir d’une période historique ténébreuse, une sorte de lumière, un idéal, (ici représenté également par le code d’honneur du chevalier Balian), qui finalement exalté par l’action, s’épanouit au fur et à mesure du récit.