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MICHAËL ABITEBOUL
Acteur
Propos recueillis à Paris,
le 4 mai 2005,
Par Bernard PAYEN

UNE PRESENCE FAMILIERE.

Depuis cinq ans, on remarque la présence de Michaël Abiteboul dans un certain nombre de films, des Blessures assassines de Jean-Pierre Denis à Betty Fisher de Claude Miller (peut-être l’un de ses plus beaux rôles à ce jour, rôle secondaire très marquant, très émouvant), du Temps du loup de Haneke à Ni pour ni contre... de Cédric Klapisch. Un acteur aux mouvements fluides, à la démarche souple, aux regards doux, incisifs ou durs, capable dans un même élan de tendresse ou de violence. Un acteur que l’on aime, tout simplement, une figure familière qui se découvre au détour d’un plan et nous fait penser par moments au Gabin de La bête humaine jouant avec finesse la complexité des sentiments.

Aujourd’hui, alors que sort sur les écrans Ultranova réalisé par Bouli Lanners, l’un des cinéastes qui l’a le mieux mis en scène, et que Manderlay de Lars Von Trier, dans lequel il interprète un gangster silencieux, est présenté au Festival de Cannes, nous avions envie de rencontrer cet acteur-ami de 31 ans...



Objectif Cinéma : Comment as-tu rencontré Bouli Lanners ?

Michaël Abiteboul : C’est une drôle d’histoire. Un jour, il m’appelle pour me parler d’un film qu’il préparait. Muno avait été écrit pour un acteur qui était mort malheureusement entre-temps. Au cours de sa recherche d’un nouveau comédien pour lui succéder, plusieurs personnes lui avaient parlé de moi. On a fini par se rencontrer à Bruxelles pour lire des scènes. Très vite, il a eu envie que je fasse le film, précisément parce que je ne ressemblais pas à l’acteur initial et que j’apportais quelque chose de différent au personnage. Je suis parti quinze jours à Liège, quinze jours de bonheur... Je suis très attaché à la Belgique, il y a là-bas une autre manière d’envisager le métier d’acteur, les gens ont plus d’humour, plus de recul...

Objectif Cinéma : Ta présence dans Ultranova s’est décidée ensuite naturellement, Bouli Lanners avait-il écrit un rôle pour toi ?

Michaël Abiteboul : Après Muno, qui a reçu beaucoup de prix, on est restés proches, on se donnait régulièrement des nouvelles. Il me parlait de son projet de long-métrage qui a beaucoup évolué au fur et à mesure qu’il l’écrivait.
Pendant le tournage, le film s’appelait Zonings-Lonesome Cowboys, car Bouli dit souvent que son film est un road movie qui tourne en rond ou qui n’avance pas. Le personnage qu’il me proposait changeait beaucoup au fil de l’écriture. Bouli savait que je serais dans le film, mais pas encore exactement où. Il a l’habitude de travailler et de réécrire en fonction des rencontres qu’il fait. Par exemple, le personnage de Cathy était à l’origine une Eurasienne, une personne déracinée.