Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

ULTRANOVA
de Bouli Lanners
Par Bernard PAYEN

SYNOPSIS : Avec ses deux collègues, Dimitri, 25 ans, vend des maisons clé-sur-porte. Contemplatif et largué dans un environnement dénaturé, il s’emmerde. Les rumeurs qu’il laisse courir sur son étrange passé vont intriguer Jeanne, et pousser Cathy à le rencontrer.

Ultranova met en lumière une petite constellation de personnages décalés et drôles, en voie d’extinction. Seul un électrochoc peut encore réveiller la petite flamme qui sommeille en eux.



POINT DE VUE

La route qui défile, le ciel gris mais étonnamment beau, les champs du plat pays s’étendant à perte de vue, les petites villes, les bars des nationales, les pavillons trop tranquilles... Ultranova s’inscrit dans la lignée des courts métrages de son auteur, Bouli Lanners. Car depuis 1999, ce peintre et comédien (Aaltra, Un long dimanche de fiançailles, etc) réalise des films où la comédie le dispute à l’amertume, le désespoir démenti par un humour féroce.

Travellinckx, son premier court, était un road movie tourné en super 8 qui accompagnait l’errance d’un homme certain de sa mort prochaine. Il demandait à un caméraman de le filmer à travers la Wallonie, s’adressant par l’intermédiaire de la caméra à son père avec qui il voulait se réconcilier. A la vision du film, on ne cesse d’osciller entre plusieurs sentiments : l’étonnement de découvrir un personnage singulier, qui « échappe » totalement, mais aussi le rire et l’émotion, des sentiments brut en somme. Didier est de ces personnages attachants qu’on n’oublie pas de sitôt. D’ailleurs, Travellinckx a fait le tour du monde des festivals.

Tout comme Muno (2001), le deuxième court métrage de Bouli Lanners, racontant les retrouvailles tragi-comiques d’un jeune apprenti journaliste avec son village natal et ses habitants (il vient y enquêter sur l’agression d’un jeune africain, mais tout le monde esquive ses questions...). Interprété principa-lement par Michaël Abiteboul, que l’on retrouve dans Ultranova, Muno (le nom du village en question) part d’une toile de fond sociale très actuelle (le racisme en milieu rural) pour explorer l’ambivalence et la complexité des comportements humains tout en gardant un sens de l’humour impérial.