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17e RENCONTRES CINEMAS
D’AMERIQUE LATINE DE TOULOUSE

Compte rendu
Par Cyril JOHANNEAU

¡ RÉÉVOLUCIÓN ! Il fallait être à Toulouse, en mars (11-20 mars 2005), pour avoir des nouvelles de l’Argentine. Et quelles nouvelles !!! Le pays en crise nous envoyait avec force toute sa vitalité et toute son énergie avec pas moins d’une quinzaine de films en compétition (sur la trentaine que comptait la sélection !).



De bout en bout, il en aurait fallu du cran pour ne pas être emporté par un cinéma, tous pays confondus, éminemment résistant, chaleureusement vivant. L’énergie du désespoir y balaie la dépression et échafaude sans concession un possible ascenseur social, véritable paradis perdu pour nous autres spectateurs français tant il peine à se débloquer de ce côté-ci.

De paysages dévastés en obscurités désenchantées, les films présentés avaient en commun d’arpenter les lieux de la tendresse et du lien à l’autre dans un monde brutal et de plus en plus inconscient de la violence sourde qui le modèle en s’imposant comme norme. Autre point commun, le recours à des contrastes très marqués : des lumières (du jour, surtout) crues et éblouissantes, des couleurs chaudes et chatoyantes, et beaucoup de « noir et blancs » profonds et très travaillés. Une mise en forme malicieuse et bien sentie au regard de récits et de personnages tout en nuance, où l’échec peut être joyeux et le triomphe amer. L’important étant de rester debout.

Et, pas à pas trouver sa place. Le mouvement, l’errance est affaire de cinéma, cela n’est plus à dire. Et l’Argentine de réinventer cette évidence ; où marcher, même de la manière la plus insensée, évite de perdre le cours de sa pensée. Tenter de remettre les choses à leur juste place, le monde à l’endroit, entre valorisation financière et destruction sociale.

Entre fiction et documentaire, entre rêve et cauchemar, entre vie et mort, les personnages qui peuplent ce cinéma persévèrent, marchent et ne s’arrêtent jamais. A l’instar de Victor, héros de Ronda Nocturna, dernier film et retour d’exil d’Edgardo Cozarinsky, traversant le film (et la nuit), traquant sa vie en tentant d’échapper à ses poursuivants, pour, au sortir de la nuit, mieux se retrouver. Et trouver sa place, enfin.