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L’ACTION PREPARATOIRE
« CROISSANCE ET AUDIOVISUEL :
L2I AUDIOVISUEL »

Par Maxime DUDA


Introduction - Les évolutions récentes du cadre financier de la production indépendante Européenne

Le secteur de l’industrie des médias traverse une crise de financement à l’échelle européenne. Cette crise, qui se traduit par des difficultés financières ou par la disparition pure et simple d’un grand nombre des entreprises du secteur dans les cas les plus graves, se traduit également par des difficultés croissantes à finaliser les montages financiers des films. La répercussion de cet état pourra se mesurer avec précision d‘ici un à deux ans compte tenu des rythmes propres du secteur. En effet, si la production cinématographique européenne en 2002 et en 2003 ne baisse pas de manière significative, c’est parce que les films qui sont sortis cette année ont été engagés il y a deux ans en moyenne.

En outre, le marché du film et de l’audiovisuel se caractérise par une baisse significative des investissements publicitaires, par la diminution de la programmation des films européens sur les chaînes de la télévision généralistes en clair et par une restructuration profonde de la télévision payante et des plates formes satellitaires en Europe. La concurrence exercée par les films américains est de plus en plus forte pour le partage des écrans et pour les sorties sur les marchés. Les grandes compagnies américaines investissent des montants très importants dans les frais de sortie et la promotion, rendant ainsi plus difficiles les sorties des films européens sur lesquelles les distributeurs européens sont présents avec, ou sans, minima garantis.

En amont de la chaîne des droits des films et de la création de valeur, les producteurs indépendants européens ressentent donc de façon de plus en plus aiguë les besoins de financements. Seuls les plus importants d’entre eux peuvent alors prendre les risques nouveaux que leur impose le marché. Dans ces conditions, les soutiens publics et privés, nationaux et européens deviennent une nécessité absolue pour le maintien à terme d’une production indépendante européenne. Ces soutiens sont impératifs à la création de leurs œuvres.

Tendance économique dans le secteur audiovisuel :

Bien que l’Union européenne soit le leader en ce qui concerne le nombre de film produit (630 œuvres en 2002 contre 450 œuvres US), les montants investis dans la production restent largement inférieurs à ceux investis dans les films aux Etats-Unis (budget moyen d’un film en 2002 aux USA 58,8 millions de dollars contre une moyenne de 9,98 millions d’€ pour les films Anglais à 4,4 millions d’€ pour la France en 2002. Il n’y a pas de moyenne européenne référencée mais elle est globalement centré autour de 5 millions d’€.

Le récent désengagement des télévisions dans la production de films cinématographiques, une situation économique fragile, et pour certains Etats Membres la récession, conduisent à une crise du secteur en général. Les entreprises du secteur doivent mettre en œuvre de nouvelles stratégies afin d’assurer le financement de leurs films. Ainsi, on observe sur le marché une tendance nouvelle à la co-production (notamment entre les Etats Membres les plus importants), signe des difficultés à trouver l’intégralité des financements sur son propre marché. En 2002, 250 films sortis en salle en Europe sont des co-productions pan européennes, contre 98 films sortis en 2001 et 168 films sortis en 2000.