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TOM HANSON
Réalisateur
Propos recueillis
à Paris en avril 2005
par Samuel PETIT

Tom Hanson a 30 ans. Directeur artistique, réalisateur et photographe, il a été missionnaire à Madagascar. En 2003, il a dirigé une campagne européenne de lutte contre la maltraitance sur l’enfant et a réalisé un film en 35 mm sur ce sujet. Actuellement, il est en préparation d’un film documentaire sur la résilience des enfants emprisonnés en R.D.C. (Afrique). Il a aussi publié un livre de ses photographies abstraites.

Produit par BFC Productions, distribué par les Films du Grain de Sable, diffusé à la Cinémathèque Française et dans quelques festivals (Namur, Montpellier, Clermont-Ferrand), Axiome, le film de Tom Hanson, sort en salles au cinéma L’entrepôt à Paris. Peut-on aujourd’hui montrer un essai documentaire dans des conditions correctes ? Pas vraiment, répond le cinéaste, dans cet entretien.



Objectif Cinéma : Qu’est-ce qu’un essai ?

Tom Hanson : Aux Rencontres du film documentaire « Traces de vie » de Clermont-Ferrand, Axiome a fait un mini scandale. Disons plutôt que ce film a été l’objet d’un débat. Certains réalisateurs ont clairement dit que ce film n’avait pas sa place dans un festival de documentaire. Contrairement à ce que certaines personnes pensent, Axiome n’est ni un film expérimental, ni une fiction. Si un documentaire, c’est faire découvrir des réalités méconnues ou ignorées, alors Axiome est un documentaire. Si un documentaire, c’est faire partager des spectacles invisibles au commun des mortels, alors il s’agit bien d’un documentaire.

Axiome est effectivement aussi un essai. Il s’agit d’une démarche introspective, c’est-à-dire d’une expérience dont le but est de prendre la mesure de sa propre pensée. Disons plutôt que ce film est une forme qui pense, « une poétique de la pensée ».

Une journaliste a dit que mon film était dérangeant. Elle a dit que j’avais une vision « hyper glauque » du monde qui m’entourait. Très bien ! C’est suffisant pour faire un film. A condition bien sûr qu’on « vende » le film à la mesure de ce qu’il est, c’est-à-dire « le regard hyper glauque d’un jeune con sur le monde qui l’entoure ». On parle à ce sujet dans le jargon professionnel de noosphère.

L’essence même d’un essai, et ce n’est pas moi qui le dit, est « de disposer de la masse désordonnée du savoir, de prendre un morceau à côté d’un autre et d’essayer de les faire aller ensemble, d’inventer des allusions au concevable, de trouver une part de vérité dans l’illusion ou dans le rêve ». Axiome, c’est un peu ça : un film simple, un film sans prétention qui trouve une part de vérité dans l’illusion et dans le rêve.