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CHAPLIN ET LES IMAGES
Exposition au Jeu de Paume, à Paris, du 7 juin au 18 septembre 2005
Par Nicolas VILLODRE

L’histoire de Charlie Chaplin racontée par de nombreux documents inédits, tout l’été, au Jeu de Paume, à Paris



Parlons en premier des choses qui fâchent ou, du moins, qui sont susceptibles d’irriter. Il y a d’abord ce titre vague et bébête de la manifestation, Chaplin et les images, et le flou du propos affiché qui a priori semble écarter tout débat, toute problématique là où on est en droit d’attendre une réflexion nouvelle ou au moins un éclairage inédit du personnage de Charlot ou de la personnalité de Chaplin (ou inversement), les deux facettes de Charlot-Chaplin ayant fait l’objet de nombreux commentaires depuis les années 20. On pourra regretter que le titre prévu au départ pour l’exposition ait probablement été écarté par un publicitaire inculte. [La perpétuelle invention de Charlot par Chaplin, titre provisoire de la manifestation, offrait au moins un moyen d’accès (un angle d’attaque ?) à l’œuvre ample d’un des plus grands créateurs et pionniers du muet. Ce n’est pas grave : ce thème, malheureusement noyé par d’autres sujets - et objets exposés -, est tout de même traité par le biais d’extraits de DVD (réédités et magnifiquement restaurés, notamment par MK2) qui sont diffusés sur grand écran, parfois sous la forme de triptyques, comme dans l’exposition du Musée des Beaux-arts de Lyon sur l’Impressionnisme et le cinéma.

Est un peu décevant aussi le choix des affiches qui y sont exposés et qui font un peu brocante ou « Cinglés du cinéma », Le côté exhaustif du sous-thème Charlot et les avant-gardes conduit également à exhumer quelques croûtes et dessins banals dont on pouvait fort bien se passer. Comme c’est souvent le cas (cf. les tableaux de Mondrian et de Kupka par exemple), les reproductions sont d’ailleurs souvent plus éclatantes, plus séduisantes, plus satisfaisantes (sinon plus belles) que les originaux exposés. La reproduction des reliefs de Fernand Léger pour son projet de film d’animation à la gloire de Charlot (dont on trouve une brève séquence dans son film futuriste Ballet mécanique) montre des couleurs éclatantes que le temps, la patine, la lumière ont fait perdre aux étonnants et émouvants bois découpés présentés dans l’exposition et provenant d’une collection privée.