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Il y a dans le récit rétrospectif que Evans fait de sa vie toute la rouerie du type qui veut s’approprier à lui tout seul le succès de ses productions, mais il faut bien lui reconnaître quelques coups de génie : convaincre Mia Farrow qu’il vaut mieux réussir un film avec Polanski qu’un mariage avec Sinatra, persuader le studio qu’il faut absolument un réalisateur italo-américain aux commandes du Parrain, rendre Ali McGraw folle amoureuse de lui pendant les répétitions de Love Story, ... On ne trouvera donc pas ici un bréviaire du parfait petit producteur, mais un bel aperçu de ce qu’il faut d’audace et de talent pour réussir quelques paris risqués, et empocher la mise sans avoir à en rougir. Evans est en cela un dinosaure, une espèce en voie de disparition, à mi-chemin entre les nababs de l’âge d’or et la combinaison gagnante art/marketing telle que pratiquée aujourd’hui par les frères Weinstein.

En plus de la voix d’Evans (et tout ce qu’elle charrie, humour vachard et baratin de luxe), l’autre magie du film, c’est de nous tenir en haleine avec un montage d’images d’archives d’une élégance folle, admirablement rythmées et sonorisées, qui rendent à merveille le bleu azur du ciel californien, le pétillement des coupes de champagne, et toute la frime du cirque hollywoodien. Pour le dire vite, c’est un peu Casino revu roman-photo. Grâce soit rendue à Bob Evans d’avoir scrupuleusement conservé les photos de sa splendeur passée - il prend d’ailleurs la pose sur chacune d’entre elles, comme déjà déterminé à faire de sa vie la matière de la plus bandante des fictions. Les extraits de films sont subtilement distillés, choisis comme des pièces essentielles de la dramaturgie, parfois terriblement frustrants par leur rareté. C’est de toute façon la frustration qui sous-tend ici tout notre désir de spectateur, si l’on pense au stock d’anecdotes qu’Evans a encore à nous raconter - et sûrement des plus salaces... Les seules images récentes tournées par Morgen et Burstein sont les plans incroyables d’une visite guidée de la maison de Evans, son Xanadu à lui, à la fois place au soleil et vitrine du succès, puisqu’à Hollywood encore plus qu’ailleurs, la réussite se mesure en nombre d’hectares de terrain et au prestige de ses invités.

On pourrait faire la fine bouche, et râler devant les derniers instants du film, qui ressemblent un peu trop à un clip d’autopromo à la gloire d’Evans, mais on ne le fera pas, car The Kid stays in the picture est un film comme on les aime, à l’image de son sujet : classieux, frimeur, un rien vulgaire, légèrement superficiel, absolument essentiel.






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Titre : The Kid stays in the Picture
Réalisation : Brett Morgen et Nanette Burstein
Adaptation : Brett Morgen, d’après le livre de Robert Evans
Production : Graydon Carter
Montage : Jun Diaz
Directeur de la photographie : John Bailey
Musique : Jeff Danna