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JONA / TOMBERRY
de Rosto
Par Cécile GIRAUD

SYNOPSIS : Borges rencontre Murnau dans un cauchemar tournoyant. Et le bébé chante : "Non, n’ai pas peur vieux moineau, de te réveiller et de voir que tu es mon rêve".



POINT DE VUE

Jona/Tomberry est un film hallucinatoire. 1/ Parce que le foisonnement d’images et de sons nous fait tourner la tête au point de presque annihiler le cerveau avant d’accéder au discours. 2/ Parce que, quand on voit arriver Rosto, son réalisateur, on entre dans une autre dimension, celle du film. Le visage allongé et inquiétant de Virgil, le réalisateur maléfique dans le film est également celui de son créateur.

Jona/Tomberry est un film réalisé en technique mixte. Images en 3D, prises de vue réelles, jeu sur fond bleu pour les acteurs qui seront ensuite transformés en personnages “animés”... Jona/Tomberry est un immense collage dans lequel le corps d’un modèle, le visage d’un autre et la voix d’un troisième sont assemblés pour créer une nouvelle entité.

C’est d’ailleurs bien d’une entité dont parle Rosto, celle de l’imaginaire. Pièce d’un puzzle baptisé Mind My Gap dont il est la troisième et dernière pièce, J/T réinvente le conte de fée en en révélant les côtés sombres, fait une « histoire sans fin » gothique, et réfléchit profondément sur le cinéma et notre position de spectateur. Bien que Rosto préconise de regarder J/T avec le ventre, on ne peut pas se passer de faire fonctionner sa tête aussi car il serait impossible de le décrypter avec les yeux rivés aux tripes.

Première vision : une débauche d’images, un foisonnement d’idées, une expérience physique pure qui hérisse le poil et annule la gravité.

Seconde vision : un conte fantastique, la mise en relation des personnages entre eux, le recul face aux images.