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LE SEPTIEME ART, NOUVEAU PARC D’ATTRACTION POUR FEMMES MODERNES ?
Par Cécile BORD

Qu’elle soit follement combative, gentiment déjantée, dangereusement fragile, faussement naïve, méthodiquement apprêtée, ou bien empreinte d’une étrange fraîcheur matinale au saut du lit, la femme moderne éblouit une face du septième art jusque là peu explorée.

Le nouveau cinéma féministe : simple phénomène de mode ou polie révolte de jeunes femmes en colère ?



Le cinéma populaire actuel voit fleurir un grand nombre de films « féminins », quasi ou carrément féministes, aux formes colorées et aérées, tendant à mieux dissimuler la profondeur d’une réflexion sur l’indescriptible mystère émanant d’un visage subtilement caché sous une couche de maquillage pas vraiment bon marché.
Très récemment le cinéma français et la réalisatrice Cécile Telerman, offrait avec un touchant soucis de réalisme, dans Tout pour plaire, une image de la condition féminine, du pourquoi confus, du comment fantasque, de la juxtaposition d’échecs sentimentaux et professionnels, des femmes d’aujourd’hui souvent paumées, parfois fautives, jamais démissionnaires face à la difficulté à croire en une seconde chance.
Mais c’est parce que la femme fascine et interpelle que les écrans verront de plus en plus s’installer une véritable envie d’analyser, de disséquer, de comprendre le comportement féminin... en vain.

Qu’il soit filmé avec ou sans recul, le mystère planant sur la question se doit de rester entier, de même que cette étrange classification du sexe soit disant « faible ».
The hours, film au charme étrange, est celui où l’équation reste sûrement la plus irrésolue. En effet, cette peinture pastel de trois femmes appartenant à trois générations différentes trouble plus qu’elle n’éclaire, prouvant ainsi que le flou artistique, social ou bien intellectuel caractérise la femme et la plonge souvent dans des situations troublantes, des émotions confuses, des issues tragiques.

Et pourtant la « nouvelle » génération de réalisatrices telle que Nora Ephron voit la chose avec plus de simplicité et concentre son pouvoir comique et émotionnel sur un terrain romantique glissant mais parfaitement maîtrisé. Au sein même de ses petits théâtres acidulés, elle se plait à installer le doute sur une spiritualité inattendue et impose de la profondeur là où il n’y en a à priorité aucune. Ainsi naîtra un Ce que veulent les femmes, soupir entre deux proverbes machistes, miroir d’un conflit homme/femme basé sur l’intolérance et le manque de patience face au dialogue. Une comédie certes, mais aussi un triste constat poussant un public averti à regarder au-delà des apparences qu’il s’agisse de cinéma ou de leur propre réalité.