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PLAYTIME
de Jacques Tati
Par André-Michel BERTHOUX

SYNOPSIS : Des touristes américaines ont opté pour une formule de voyage grâce à laquelle elles visitent une capitale par jour. Mais arrivées à Orly, elles se rendent compte que l’aéroport est identique à tous ceux qu’elles ont déjà fréquentés. En se rendant à Paris, elles constatent également que le décor est le même que celui des autres capitales...



PLAYTIME, OU LA FETE SELON TATI

Tati, dans Playtime, cherche à nous dire que malgré l’évolution vers laquelle se tourne notre société gadgétisée l’individu en trouvera, involontairement, les failles. Il ne s’agit pas d’opposer un monde dont la « modernité  » nous échapperait à un univers désormais révolu, mais bien de montrer que tout concourt à ce que l’individu et ce quelque soit les circonstances parviendra malgré tout à humaniser son espace de vie par son « instinct » indomptable à carnavaliser la société, d’en faire un monde de foire où les carrefours deviennent des manèges, les erreurs de construction et de décoration un prétexte à animer de manière anarchique un dîner qui semblait conventionnel.

Le film distingue au début les catégories sociales apparemment très cloisonnées auxquelles appartiennent les différents protagonistes. La séquence au cours de laquelle les tics de l’homme au stylo dans la salle d’attente contrastent effectivement avec les hésitations du personnage de « Tati » - qui n’est plus ici véritablement Hulot, qui ne se présente pas comme tel, comme dans les Vacances... - et ses réactions apeurées au bruit que provoque le gonflement du fauteuil en est un exemple. Mais ces catégories vont peu à peu se dissoudre comme toute société y parvient dans ses périodes carnavalesques ; tout devient dès lors sujet à rire. Tati serait l’héritier de Jean Vigo. Dans Zéro de conduite, la bataille de polochon est l’aboutissement d’une microsociété qui renverse l’ordre établi et estompe jusque dans les moindres recoins les résidus d’une société hiérarchisée. Jean Vigo était un anarchiste donc le carnaval prend des allures de soulèvements politiques, mais ce qui demeure c’est cette effervescence, cette joie inextricable qu’ont les enfants à détruire par le jeu toutes les règles imposées par les adultes.