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LA GUERRE
DES MONDES

de Steven Spielberg
Par Guillaume DREYFUS

SYNOPSIS : Ray est un docker New-Yorkais et doit garder ses deux enfants, Robbie 17 ans et Rachel 11 ans, le temps d’un week-end qui s’annonçait ordinaire. Ordinaire jusqu’au moment où une tempête se lève et une étrange machine de guerre juchée sur trois gigantesques pieds détruit tout ce qui l’entoure. Ray et ses enfants vont déambuler pendant plusieurs jours dans des paysages d’apocalypse, prenant conscience que les extra-terrestres sont en train d’exterminer les humains...



POINT DE VUE

L’association de Steven Spielberg et de Tom Cruise dans le registre de la science fiction avait donné un résultat de grande qualité dans Minority Report. C’est cette fois-ci le classique d’H.G. Wells, adapté ici par David Koepp qui est pris comme base pour les deux stars, le premier étant considéré comme l’un des plus grands réalisateurs de grandes machines hollywoodiennes et le second comme l’acteur le plus puissant de la planète. L’invasion extra-terrestre selon Wells avait déjà servi de terreau à une première Guerre des mondes en 1953. Considéré comme une œuvre majeure du genre, War of the Worlds est surtout réputé pour son aspect visionnaire. Stigmatisant les peurs d’invasion, de colonialisme, d’extermination, ce roman était le support idéal pour un film grand spectacle post-11 septembre. Car dans le fond, il s’agit bien évidemment de cela. C’est un Tom Cruise recouvert de cendres humaines qui rentre chez lui, traumatisé, après sa première rencontre avec le tripode. C’est une foule ébahie qui filme au caméscope des images qu’elle peine à comprendre. C’est l’Amérique et le monde frappés par une force quasi-irrationnelle. C’est l’homme attaqué par un ennemi qu’il ne connaît pas, qu’il ne comprend pas et qu’il ne voit pas.

« Nous sommes attaqués ! - Par qui ? - Des choses venues d’ailleurs... - D’Europe ? »

Portrait d’une Amérique perdue, ravagée et désemparée. Les scènes d’exode ne sont d’ailleurs pas sans rappeler La Liste de Schindler. Ou comment montrer jusqu’à quel point les hommes peuvent devenir fous devant de telles situations de violence. Patriotisme exacerbé, instincts animaux, panique... Portrait d’une Amérique à travers le prisme de cette famille éclatée. Thème récurrent chez Spielberg (E.T., Catch Me If You Can, Hook, Il faut sauver le soldat Ryan...), la reconstruction familiale est ici l’autre thème central du film. Le choix est totalement délibéré, Spielberg ayant voulu éviter les écueils d’un Independance Day en se focalisant sur un destin individuel sans montrer de président des Etats-Unis ou d’état major en réunion. L’histoire vue d’en bas donc, avec souvent un parti pris quasiment documentaire dans les scènes d’action. Divorcé, largué dans son rôle de père, le voyage de Ray est finalement une quête de sa paternité. Il doit rejoindre Boston et son ex-femme pour mettre à l’épreuve son amour pour ses enfants et répondre à la question : jusqu’ou suis-je prêt à aller pour sauver ma famille ?