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Le parti pris de Spielberg de filmer ce combat « vu d’en bas » donner lieu à de véritables grands moments de cinéma. Notamment cette première apparition du tripode, littéralement accouché au croisement de deux rues par une Terre s’écroulant. Ou l’abaissement des barrières de ce passage à niveau pour laisser passer un train fou totalement enflammé. Un parti pris qui permet au spectateur de suivre les tribulations de trois personnages comme il en existe des milliards, qui tentent de fuir sans réellement savoir où ils vont, qui tentent de comprendre sans réellement saisir la portée des évènements. Des personnages qui tentent simplement de survivre ensemble. La conséquence immédiate est bien évidemment la confrontation constante avec l’action, qui devient dans cette optique d’un grand réalisme (on est « sur le terrain »). Des destructions massives par un objet en tous points impressionnant (on remarquera notamment le grand travail au niveau du son et des effets spéciaux) et qui suscite véritablement l’effroi à chacune de ses apparitions. Si les extra-terrestres d’E.T. et de Rencontres du troisième type suscitaient la sympathie, ceux de cette Guerre des Mondes sont véritablement terrifiants. Appuyés par la bande son de John Williams, certains de ces combats sont d’une intensité rarement vue : brillamment mise en scène, avec l’utilisation de toute la palette technique de Spielberg, l’action est le point fort indéniable du film. Il s’agit d’un block-buster de grande envergure. Malgré tout, si le film est brillant pendant sa première heure, la tension retombe légèrement dans sa seconde moitié. La faute à un manque de réels enjeux dans la confrontation avec le psychotique Tim Robbins et à un dénouement heureux pas forcément salvateur. Mais même dans ces moments « faibles », par un jeu sur les miroirs judicieux, Spielberg développe son propos et renvoie l’être humain à son fort intérieur et ses pulsions de destruction.

Au niveau du casting, Spielberg fait également un sans faute : Tom Cruise est de tous les instants, présent et charismatique. La petite (et hallucinante de maturité) Dakota Fanning joue parfaitement son rôle de fille-mère alors que le jeune Justin Chatwin campe un adolescent engagé convaincant. Produit, tourné et monté en un plan record, cette Guerre des Mondes fait étalage du talent de mobilisateur de Spielberg, véritable stakhanoviste d’Hollywood puisqu’il va enchaîner avec le tournage d’une biographie d’Abraham Lincoln, un film sur les évènements des JO de Munich et le lancement du projet Indiana Jones 4.