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JEAN-MARIE LARRIEU
ARNAUD LARRIEU

Réalisateurs de
Peindre ou faire l’amour
Entretien réalisé à Paris,
en août 2005
Par Laetitia HEURTEAU

Paris en août, c’est assez spécial. Les rues quasi désertes prêtent à la confidence. Justement, cela tombe bien car on a rendez-vous ce matin avec les réalisateurs de Peindre ou faire l’amour à la terrasse d’un café, non loin du journal Le Monde, qui sera le prochain interlocuteur des frères Larrieu.

Arnaud et Jean-Marie Larrieu, originaires de Lourdes, se sont consacrés depuis 1998 au cinéma, avec pour interprète fidèle, Mathieu Amalric (La Brèche de Roland, Un homme un vrai). Avec Peindre ou faire l’amour, les frères Larrieu s’attaquent à un bastion quasiment imprenable de la comédie traditionnlle française, l’échangisme. Et que retrouve-t’on tout autour des quatre personnages principaux interprétés par Daniel Auteuil, Sabine Azéma, Amira casar et Sergi Lopez ? Des montagnes, forcément ! Pas celles des Pyrénées, mais celles des Hautes Alpes que les frères Larrieu captent de leur caméra bienveillante.

Une interview "Peinture" alors s’imposait.



L’ECOLE DU « SUD-OUEST »

Jean-Marie Larrieu : Quand des critiques d’art se pencheront dans deux cents ans sur les êtres primitifs que nous étions, ils s’intéresseront à l’école du « Sud Ouest », (rires), un peu comme celle de Pont-Aven, puisque c’est un peu vrai au sens d’avoir grandi en province, dans une petite ville, en l’occurrence Lourdes, qui est encore plus spéciale que les autres, mais qui reste quand même une petite ville de province, et dans un rapport à la nature assez fort, quand c’est à la fois entouré de montagnes, avec ce côté agricole. Ça nourrit un imaginaire et un espace, des paysages. Après, on a croisé d’autres gens mais plus tard, dans des festivals : Alain Guiraudie, Philippe Ramos, Luis Alaejos...

Dans cette école-là, (on rigole bien sûr en l’appelant comme ça) il y a longtemps, il y avait un texte de Luc Roulet qui avait écrit sur les régions françaises, le cinéma, et l’appartenance et les origines des genres du cinéma. La grande région, c’était donc le Centre avec Pialat, Rohmer. Et il disait que dans le Sud-Ouest, où très peu de films avaient été tournés (voire dans les Pyrénées, carrément aucun) que les deux grands thèmes de ce cinéma, c’était la sexualité et l’autobiographie. Il parlait de Téchiné, Eustache et Breillat.