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GHISLAINE GOZES
Adaptatrice
Entretien réalisé
à Paris, le 18 février 2005
Par Mélanie COCHETEUX

Ghislaine Gozes a débuté il y a une quinzaine d’années, à la SOFI, célèbre société de doublage, et a travaillé depuis le plus souvent pour Dubbing Brothers sur de nombreuses séries, notamment Frères d’Armes, Ma famille d’abord, ou Smallville ainsi que des films tels que American Beauty, Suspicion, Haute Voltige et Freaky Friday. Elle nous parle ici des différentes expériences qui l’ont conduite à devenir adaptatrice de doublage et nous fait part des aspects fascinants mais aussi des contraintes de ce métier.



Objectif Cinéma : Quel a été votre parcours ?

Ghislaine Gozes : Il est complètement atypique, je n’ai aucune formation, j’ai eu simplement de la chance. Je faisais du stop un soir à Paris et le hasard a voulu que ce soit quelqu’un du métier qui s’arrête. Je cherchais du travail, et lui, qui était détecteur, a proposé d’appuyer ma candidature comme calligraphe à la SOFI. Je m’y suis donc présentée mais à ce moment là, ils n’avaient pas besoin d’une calligraphe supplémentaire, en revanche il y avait une place de dactylo, et comme j’avais besoin de travailler à tout prix, j’ai accepté. On peut dire que je suis entrée par la toute petite porte. Quelques temps plus tard, je suis devenue secrétaire, nous convoquions les comédiens sur les plateaux et faisions aussi les castings des petits rôles, donc il a fallu que j’aille à la rencontre des comédiens sur les plateaux.. Cela me donnait une bonne idée de ce qu’est un doublage, et aussi de l’utilité des différents métiers qui précédent l’enregistrement. Je ne pense pas qu’on puisse faire une bonne détection sans avoir vu un plateau, il faut savoir concrètement à quoi servent un changement de plan, un off, un demi-off, etc. Si on n’en voit pas l’application, on ne peut pas comprendre la façon de le faire, et donc le faire bien.

Après avoir été secrétaire je suis devenue calligraphe, et j’en ai profité pour parfaire mes connaissances grammaticales, en m’astreignant à une orthographe parfaite et une bonne ponctuation.. J’ai fait ce métier pendant un an ce qui m’a permis d’étudier et analyser les différents dialogues que je recopiais.. Je ne faisais pas ça dans le but de devenir dialoguiste puisqu’au début je n’y pensais même pas. Puis j’ai eu envie d’essayer parce que j’avais un bon niveau d’anglais et que ça paraissait intéressant. J’ai donc demandé à mon patron s’il voulait bien me laisser essayer, et Michel Salva, qui est un homme formidable, a accepté et m’en a expliqué certaines règles, j’ai donc bénéficié d’une formation « Sofi ». Mais commencer le dialogue c’est un peu comme avoir son permis de conduire, c’est simplement l’autorisation d’en apprendre les principaux rouages pour pouvoir s’y mettre immédiatement en sachant qu’on est loin d’être un expert en la matière. Pour ça il faudra souvent des années, et j’en apprends encore tous les jours, sans compter qu’il faut constamment se renouveler et se montrer inventif sans s’appuyer sur de vieux réflexes. Un bon dialogue est un dialogue où l’on réussit à se surprendre en écrivant des choses pour la première fois.