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MICHAEL CAINE
Comédien
Par Frédéric FOUBERT

Du 29 septembre au 30 octobre, la Cinémathèque française, nouvellement installée à Bercy, rend hommage à l’inoxydable comédien, parangon d’élégance et d’arrogance british, qui a tourné avec John Huston, Mankiewicz, De Palma...



Hollywood, County Music Center, 30 mars 1987 : l’Oscar du meilleur second rôle masculin vient d’être décerné à Michael Caine pour son admirable composition dans un chef-d’œuvre de Woody Allen, Hannah et ses sœurs. C’est ce qu’on appelle une consécration, mais sur la scène, pourtant, un absent de taille : le principal intéressé. Mouvement d’humeur ? Mépris des institutions ? Révolte contre l’establishment ? Rien de tout ça : l’acteur est simplement retenu loin de Los Angeles par un tournage. Cruelle précision : c’est celui... des Dents de la mer IV !

Sacrifier une heure de gloire pour le tournage d’un effroyable nanar... Il y a dans cette anecdote tout l’art du grand écart de Michael Caine : une manière inimitable de combiner pièces maîtresses et fins de série, de se mettre alternativement au service du plus prestigieux puis du plus offrant. Le résultat : une filmographie pléthorique (près de 120 titres), autant de premiers rôles que de seconds, une poignée de pépites contre un tas de cailloux. Un destin de plus d’increvable soutier du septième art ? Peut-être, mais transcendé par une classe à toute épreuve et une capacité à endosser sans sourciller tous les qualificatifs que l’on attribue au peuple anglais : flegme et détachement, dandysme, morgue aristocratique, fierté prolétaire.

Né en 1933, Maurice Micklewhite (il tirera son nom de scène d’un succès d’Humphrey Bogart, Ouragan sur le Caine) est un pur produit de la working-class britannique, élevé dans une famille cockney éprouvée par la crise économique puis la guerre mondiale. Adolescent rebelle attiré par les filles et les feux de la rampe, il sera sauvé d’une prévisible vie de galères par l’armée anglaise. Pas tant lors de son service militaire en Corée que grâce à son interprétation du Lieutenant Gonville Bromhead dans le film d’aventures coloniales Zoulou (1964), qui lui attire l’attention du public et des critiques.