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MIKE HODGES
Réalisateur
Entretien réalisé
à Paris, le 26 juin 2005
Par Bernard PAYEN et Frédéric CAMUS, merci à Denise BRETON

Réalisateur de films pour la télévision anglaise, Mike Hodges a débuté dans le cinéma en mettant en scène en 1971-72 deux films culte avec Michael Caine, Get Carter et Pulp.

Cet été, il présentait à Paris son tout dernier film I’ll sleep when I’m dead, un polar noir hors-mode qui marque les esprits. Rencontre et souvenirs.



Objectif Cinéma : Quels sont les liens entre Get Carter et I’ll Sleep when I’m dead  ? Les deux films s’apparentent à deux variations sur un même thème.

Mike Hodges : C’est un accident. J’avais écrit Get Carter d’après la nouvelle Jack’s return home, alors que I’ll sleep... a été écrit par Trevor Preston. Les similitudes entre les deux films sont étranges, l’histoire et le style sont très différents, tout comme les protagonistes principaux des deux histoires : ils viennent du même univers, mais l’un, Jack Carter, est content d’y rester tandis que l’autre, Will Graham, tente d’échapper au milieu dans lequel il vit (à l’image des personnages de Trevor Preston, qui essaient toujours d’échapper à leur milieu sans y parvenir).


Objectif Cinéma : L’un, Jack Carter, accepte la violence dans sa vie, tandis que l’autre, Will Graham, ne la supporte plus, comme dans une tragédie grecque.

Mike Hodges : L’ironie, c’est qu’ils cèdent tous deux à la vengeance, l’un avec beaucoup de réticence, sous la force de l’instant : quand Will Graham se rend dans la maison de Boad, le personnage interprété par Malcolm McDowell, il veut comprendre pourquoi ce dernier a violé son frère. Tout cela vient de la mort de son jeune frère Davey, un étrange incident dont il n’a jamais parlé à personne. Son suicide déclenche toute l’histoire. Boad est pris totalement par surprise lorsqu’il se retrouve face à Will Graham, il n’a pas anticipé sa venue. Il savait que le viol démolirait Davey, mais de là à provoquer son suicide ?! Aussi, lorsque Graham se rend chez Boad, ça n’est pas pour se venger, en tout cas pas de cette façon. S’il y a vengeance, elle se veut bien plus psychologique que physique. C’est pour cette raison qu’il lui dit : « un jour, je viendrai te voir ». La tragédie, c’est qu’il ne peut pas s’empêcher de faire demi-tour et de l’exécuter, certainement parce que la justification du viol est absurdement triviale.