Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

FENÊTRE SUR COUR
d’Alfred Hitchcock
Par Axel CADIEUX

A l’occasion des 10 ans de Carlotta Films et des célébrations qui auront lieu pendant tout le mois d’octobre, Carlotta Films ressort en salle le 22 octobre 2008 en copies neuves le film Fenêtre sur Cour d’Alfred Hitchcock. Avant de revoir ce chef d’oeuvre, retour sur le film qui constitue l’un des films les plus libres et personnels d’Hitchcock.

QUELQUES REFLEXIONS

Les courtes lignes qui suivent ont été rédigées de manière instinctive, quelques minutes après avoir découvert Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock. Par conséquent, il s’agit davantage de pistes de réflexions, visant à cerner les principales préoccupations cinématographiques de l’auteur, que d’une analyse approfondie et documentée. Mon objectif était, avant tout, de susciter chez le lecteur le désir de (re)découvrir l’une des pièces-maîtresse de celui qu’on appelle souvent de manière trop réductrice « le maître du suspense ».


Fenêtre sur cour, d’Alfred Hitchcock, autorise deux niveaux de lecture :

Le premier, le moins intéressant selon moi, se centre sur un meurtre potentiel. Stewart, immobilisé dans son appartement par une jambe cassée et aidé de deux femmes et d’un détective, tente de prouver que son voisin a bien tué sa femme. Retournements de situation, enquête, apogée du suspense. Maîtrisé, mais déjà-vu. Hitchcock, on le sait, a toujours répondu aux impératifs commerciaux avec brio.

L’autre manière de voir le film me semble bien plus intéressante. L’un des plus grands talents de Hitchcock est de savoir « faire parler les images », et la mise en scène de Fenêtre sur cour en est le parfait exemple. Le point de vue de Stewart, persuadé qu’il y a eu meurtre, est intégralement adopté : huis clos dans son appartement, caméra subjective et voyeuriste (yeux, appareil photo, jumelles)... Ces différents partis pris confèrent une totale crédibilité au personnage, qui serait par exemple probablement perçu comme un paranoïaque fantaisiste si l’on avait adopté le point de vue du détective Doyle, sceptique. Autour de Stewart gravitent trois personnages principaux : sa fiancée, sa vieille infirmière (toutes deux complices) et donc le détective et vieil ami Doyle. Tous vont, à tour de rôle, pénétrer l’univers de Stewart (et donc le nôtre) et apporter nouveaux indices, encouragements, approbations (le rôle des femmes), ou alors doutes et preuves apparemment irréfutables de la paranoïa de Stewart (le rôle de Doyle). À chaque nouvelle visite, le spectateur ressent donc le même sentiment que Stewart (notre rapport au monde, notre isolement est le sien), qui fait tout pour croire à cette histoire improbable pour combler son ennui (tandis que le spectateur souhaite y croire pour que l’intrigue évolue jusqu’à son point culminant et que le film avance).