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NIGHT WATCH
de Timur Bekmambetov
Par Guillaume SERRES

SYNOPSIS : Dans la Russie du XIVe siècle, une bataille entre les Forces de la Lumière et celles de l’Ombre est interrompue par une trêve. Des individus aux forces surnaturelles, les “Autres“, sont chargés de la faire respecter par chaque camp. De nos jours, à Moscou, le pacte est maintenu. Œuvrant pour le Bien, les Night Watchers de Geser (Vladimir Menshov) surveillent essentiellement la journée et condamnent tout abus de leurs adversaires ; à l’inverse, les maléfiques Day Watchers de Zavulon (Viktor Verzhbitsky) interviennent la nuit. Mais une ancienne prophétie menace ce traité précaire : la crainte qu’un “Autre“ bascule dans le camp opposé et fasse ainsi replonger le monde dans le chaos. Anton Gorodetsky (Konstantin Khabensky), membre du clan Night Watch depuis douze ans, doit bientôt faire face à cette menace...



EST-OUEST

En cette époque d’après-guerre froide, à la multipolarité - unipolarité ? - défendue par certains et contemptée par d’autres, il n’y a rien d’étonnant à ce que les styles cinématographiques circulent d’une région du monde à une autre. Dans le cas présent, codes et images hollywoodiens du film fantastique semblent être passés de l’autre côté d’un rideau de fer tombé il y a quinze ans. Production russe distribuée par la Fox, Night Watch est joué entièrement dans la langue de Tolstoï, avec néanmoins une voix off en anglais. Je mentirais en niant que ce sont cet élément et une bande-annonce aguichante qui me poussèrent à visionner le film. À l’énergie formelle inhérente à tout blockbuster US de cette trempe, le contexte non anglo-saxon peut toujours ajouter une dose d’exotisme ; le tout donnant, peut-être, une somme originale. En l’espèce, la fusion se produit-elle ? Le résultat est-il satisfaisant ?... On serait tenté de dire que cela dépend de la manière avec laquelle Night Watch est considéré.

MATRICE OU BOÎTE À IDÉES ?

Le rapprochement de ce film avec la trilogie Matrix des frères Wachowski (1999 & 2003) fut effectué à maintes reprises, par des critiques, dans des effets d’annonce ou des résumés plus ou moins promotionnels. Trucage Bullet Time - utilisé cependant avec parcimonie -, dualisme Bien/Mal et affrontements se déroulant dans un monde parallèle inaccessible, normalement, aux humains, rapprochent cette production slave des films américains précités. Mais aussi peut-on rebondir tout simplement sur le terme français « Matrice » et son sens figuré : Night Watch sera-t-il la matrice, le moule d’où sortira une nouvelle et première vague de films de genre russes ? Il est non seulement trop tôt pour le savoir, mais la connotation négative du terme « moule » ne sied pas forcément à un film qui a l’ambition d’être singulier. La multiplication de produits faits « à la manière de », remakes officieux qui seraient certainement médiocres, nuiraient à l’original. Plutôt qu’une matrice, peut-être faut-il y voir une mine d’effets spéciaux et d’idées exploitables, qui va de l’ultraviolet anti-vampires aux colonnes vertébrales et néons utilisés comme glaives, en passant par des transformations physiques impressionnantes.