Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

DVD

THE MACHINIST

de Brad Anderson
Par Jérémy CHATEAU

SYNOPSIS : Trevor Reznik est un jeune ouvrier victime d’insomnies depuis un an. En découlent des hallucinations néfastes pour lui comme pour son entourage. Bientôt, une succession d’évènements tragiques et mystérieux l’amène à penser qu’il est victime d’un complot...



POINT DE VUE

The Machinist est un film que l’on aurait tôt fait de ranger aux côtés des œuvres de Christophe Nolan ou David Fincher, pour sa narration accidentée, la désolation du cadre, l’inévitable twist ending ; parce que de tout cela résulte le sentiment que ce cinéma plus ou moins indépendant tourne en rond aux Etats-Unis, multipliant des formules identiques, produisant les mêmes effets.

Pourtant, quelque chose de ce film résiste aux rapprochements hâtifs. On songe en premier lieu à la prestation de Christian Bale, réduit à une ombre agonisante de 50 kilos, abnégation inédite, peut-être, depuis les efforts masochistes de Lon Chaney. On en vient presque à regretter d’être distrait par le récit, somme toute convenu, face à ce personnage lisant Dostoïevski en caleçon, bouche béante, yeux vides obstinément rappelés à l’ordre par cette insomnie dont l’origine est la clé du film.

Par ailleurs, on n’a pas assez évoqué les particularités de la délocalisation du tournage vers Barcelone pour des raisons de production - l’Espagne étant le seul pays désireux de financer le projet tout en garantissant sa pérennité artistique. La reconstitution, sous un ciel hispanique, d’un quartier de la côte ouest américaine génère un décalage saisissant, étonnamment conforme à la dimension onirique du récit : le réalisateur a admirablement su tirer parti de l’architecture particulière de la ville, en banlieue comme en zone industrielle, pour fournir au spectateur des repères traditionnels - un quartier résidentiel chic, le vestiaire de l’usine digne de celui d’une équipe de football - puis l’égarer le temps d’une poursuite dans un métro de type européen ou sur une route andorrane, toute en monts et tunnels.