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Mais de nos jours, toute mélodie du bonheur connaît forcément quelques faux départs et enrayements. Cette réalité, Miranda July ne l’occulte pas. D’où le rejet violent que lui manifeste Richard, assailli d’une brusque peur panique face à cette femme qui s’invite si sincèrement mais trop soudainement dans l’habitacle de sa voiture, et donc bientôt dans sa vie pour le moment instable, et son intimité. D’où également l’humiliation que la jeune femme essuie, alors que, coincée dans l’ascenseur austère d’un musée local d’art contemporain, elle tente vainement de remettre à la maîtresse des lieux une compilation de ses saynètes vidéo. Au passage, belles égratignures faites à l’encontre du cynisme de certains décideurs de l’Art.

Même s’il est fragile et reconnu comme tel, le credo suivi autant par la vidéaste que par la réalisatrice, finit néanmoins par porter ses fruits, matérialisés à l’écran par deux paumes qui s’effleurent, puis deux corps qui s’imbriquent dans le halo d’un crépuscule gris bleu. Alors que le film touche ainsi à sa fin, ce sont à nouveau des échos de cinéma italien qui parviennent à nous depuis le filtre de ces images aspirant, avec modestie, à une certaine grâce. L’Eclipse d’Antonioni (1962), peut-être... Cette impression subjective devient presque évidence avec les dernières minutes du film. Au rythme d’un étrange tintement métallique, qui s’était déjà fait entendre tel un bruit rouge au fil du récit, un nouveau jour se lève et, TOUT est illuminé. Un ultime mystère résolu, la lumière sulfurique d’un soleil neuf, démesuré et quasi irréel : une dernière épiphanie pour lui, pour eux, pour nous...

Pour finir, face à ce film au rythme feutré, notre fauteuil semble souvent se transformer en cette moquette moelleuse où la petite Sylvie et Peter s’allongent pour imaginer une cuisine équipée à la surface du plafond nu - l’écran de cinéma -. Or, ce monde fictif est fragile, menacé d’effondrement, et ils en ont implicitement, mais pleinement, conscience. Idem pour les spectateurs de cinéma, lorsque défile le générique de fin de Me, you and everyone we know , et finalement, de tous les autres films.






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Titre : Moi, toi et tous les autres
Réalisation : Miranda July (USA)
Interprétation : Miranda July, John Hawkes, Miles Thomson, Brandon Ratcliff, Carlie Westerman, Natasha Slayton, Najarra Townsend
Scénario : Miranda July
Musique : Michael Andrews
Montage : Andrew Dickler, Charles Ireland
Production : IFC, Film Four
Durée : 1h30
Année de production : 2005
Festivals : Sundance Film festival, « Prix spécial du Jury » ; Festival de Cannes, « Caméra d’or »

 


COURTS METRAGES

1996 - Atlanta
1998 - The Amateurist
2001 - Getting stronger everyday