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DVD

NO DIRECTION HOME :
BOB DYLAN

de Martin Scorcese
Par Frédéric FOUBERT

SYNOPSIS : Dans ce documentaire très dense, Martin Scorsese réalise une biographie passionnante sur l’icône indémodable de la folk, cette star qui eut une influence considérable sur la musique et la politique en son temps. Performances live, séquences d’enregistrement en studio et confessions intimes de l’artiste sont au menu de cette anthologie exceptionnelle !



Pour n’en pas finir avec Bob Dylan... Sans doute échaudé par le flot continu d’exégèses qui n’arrêtent pas de pleuvoir sur sa propre légende, le poète-troubadour américain (qu’on a tour à tour décrit ces vingt dernières années comme définitivement reclus, misanthrope, malade, catholique fervent, mystique égaré) a décidé de sortir de sa réserve et de livrer sa propre version de l’histoire. Pas sur le mode de la confession-vérité, mais plutôt en retaillant le costard du mythe. Après le livre (Chroniques, tome un), voici donc le film, où l’homme se raconte face caméra (interviewé par Jeff Rosen, biographe officiel), dans un bouillonnant maelström d’images d’archives. Cerise sur le gâteau, No Direction Home porte la signature prestigieuse de Martin Scorsese. La réunion des deux hommes a des allures de rencontre au sommet, mais restera pour une grande part un vœu pieux, un fantasme de fan. Une telle affiche appelait une vraie conversation entre ces deux immenses artistes américains, ou une confrontation. Malheureusement, il est impossible de chanter ici leurs talents à l’unisson. No Direction Home ne peut s’envisager que comme une vieille galette vinyle. Face A : la légende Dylan ; face B : le label Scorsese. Pas de fusion ici, ni de piste unique, mais une médaille, et son revers. Explications.

3h20 ( !) pour raconter les années d’apprentissage et les premières mues de Robert Zimmerman alias Bob Dylan (de sa naissance à son accident de moto de 1966), ce n’est pas juste une durée, mais une durée juste. Durée propre à effrayer le néophyte, qui aurait tort de se laisser impressionner, tant ce film est fait pour lui. No Direction Home est la parfaite introduction à l’univers dylanien, tout y étant dit et montré avec un appétissant luxe de détails : la découverte du folk et de la poésie beat par ce jeune gars du Minnesota, l’arrivée à Greenwich Village, le talent tombé du Ciel qui se confond avec la marche d’une Amérique avide de changements radicaux, l’accueil délirant fait à ce nouveau Messie, puis le virage électrique de l’année 65, où Dylan revêt de nouveaux oripeaux et brûle tous les vaisseaux, allant jusqu’à se faire haïr de son ancien public, intégristes de la guitare en bois.