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DVD

MOI, TOI
ET TOUS LES AUTRES

de Miranda July
Par Pierre GAFFIÉ

SYNOPSIS : Christine Jesperson, jeune artiste touchante et spontanée, mélange dans son quotidien art et réalité. Elle entre sur la pointe des pieds dans la vie de Richard, vendeur de chaussures, père de deux garçons et tout juste redevenu célibataire. Autour d’eux, Robby et Peter, les enfants de Richard, son ex-femme, la patronne d’une galerie d’art, les voisins et les voisines. Tous sont à la recherche d’un lien qui les connecte aux autres sur terre...



POINT DE VUE

Celui qui choisit la voie sûre est comme mort” Carl-Gustav Jung

Sensation du dernier festival de Cannes, lauréat de la Caméra d’or, repéré au Sundance de Robert Redford, Moi, toi et tous les autres arrive auréolé d’une réputation d’O.V.N.I, tout en restant parfaitement identifiable, brassant des thèmes simples -la quête de l’autre, la bêtise des parvenus- mais en les mixant d’une manière inédite dans un shaker où les arts plastiques deviennent caisse de résonance.

La réalisatrice, Miranda July (c’est à moitié un pseudonyme !) n’est pas à proprement parler une enfant de la balle du 7ème art, mais une fille du punk (elle a enregistré un CD dans les 90’s avec le groupe Sleater-Kinney) et de la vidéo. Ses installations ont fait le tour de la planète, du Guggenheim au musée de Bristol.

Pour son passage au cinéma, elle n’a pas choisi la facilité en incarnant elle-même Christine, vidéaste amateur qui prépare inlassablement ses films devant sa glace. Croisement d’Arletty et de Zazie (celle de Queneau !) sa voix est aussi fragile que ses mains sont habiles, et on suit avec curiosité la construction de ses oeuvres... Mais, toute épatante qu’elle soit (ou précisément à cause de ça...), Christine ne parvient pas à joindre les deux bouts et se retrouve vite obligée de prendre un job d’appoint (*) en devenant “taxi pour personnes âgées” (Senior cab) Pas forcément un mauvais calcul, cela dit, quand on sait qu’il n’y rien de mieux pour un artiste que de faire le saut des générations et d’éprouver la pérennité de son art...

A quelques centaines de mètres de là (l’action du film se situe dans la banlieue de Los Angeles, mais ce pourrait être celle de Lyon ou de Stockholm tant les décors sont indifférenciés) un homme a lui aussi ses problèmes : sa femme fait ses valises, et malgré des apitoiements tout masculins devant les enfants, celle-ci ne veut plus rien entendre.