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IDEES #8
Idées éparses sur quelques films
Par Johannes HONIGMANN


Le film connu en France sous le titre L’Homme qui voulût être Roi s’intitule en réalité « L’Homme qui aura été ( who would be ) Roi ».

Diable à peau rouge dans Prince des Ténèbres, fantôme à drap blanc dans Halloween : par de brèves allusions tout à fait ironiques aux clichés les plus infantiles ( de fait : de foire/de carnaval ) de l’effroi, John Carpenter semble affirmer qu’il entend créer bien plus profond et terrifiant - plus adulte - en terme de monstres. En vérité pourtant, rien dans toute son œuvre n’est plus terrifiant que les séquences de transmission vidéo provenant à la fois de l’Avenir et du Royaume du Mal dans le premier film cité - elles sont terrifiantes en ce qu’elles présentent le Mal comme attestant lui-même de sa propre existence sous forme de caméra-vérité, de documentaire, de home-video. ( Notons que Prince des Ténèbres s’inspire ouvertement de Quatermass III [ Les Monstres de l’Espace ], le film scénaristiquement le plus élaboré consacré à la place du diable dans notre société... film d’ailleurs exactement contemporain de Rosemary’s Baby, une œuvre trop longue et trop appuyée, dont la fin tombe à plat à force de caricature. )

Les monstres carpentériens, construits sur un moule généralement unique ( de type morts-vivants, invulnérables ou régénérant leurs propres blessures - si ce ne sont, comme dans Invasion Los Angeles, des extra-terrestres classiquement déjà « parmi nous », « je suis partout » et qui nous dominent par leur contrôle des médias, à l’instar des ...[ je laisse les gros mots aux tiers-mondistes cons[pirationnistes] ), construits sur un moule assez uniforme, disais-je, eh ben , ils ne sont pas plus convaincants que cela, quoi, malgré toute la prétention du cinéaste. D’où le fait que son meilleur film doit être New York 1997.

Le premier film à se consacrer sérieusement au thème de la société post-apocalyptique retombée dans une barbarie semi-moyenâgeuse me semble d’ailleurs être La Vie future ( 1936 ).

Curieusement, cette partie, la plus longue du film, s’avère être la plus méconnue, alors même qu’elle anticipe en tous points sur les univers que nous connaissons à travers les Mad Max et le partiellement réussi ( une superbe séquence d’affrontement motard contre zombies ) Le Survivant.

Carpenter en tout cas semble encore plus mal à l’aise dans le « renouvellement des mythes » dans son film Vampires que dans toutes ses tentatives précédentes. Lors du combat final, le soleil qui filtre généreusement à travers le toit ne semble guère incommoder le vampire tant que le toit lui-même tient en place - est-ce logique ? En fait, non ; et le film n’est pas avare en illogismes de toute sorte. Même le personnage tranché en deux par le Comte n’est qu’une réminiscence involontaire de Le Sens de la Vie ( séquence de la visite au camp militaire tout juste attaqué par les sauvages ).