Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

LES VEDETTES
ET LE DOUBLAGE

Par Carine BORNE
et David GENTIAL

Dès le début des années 30 avec l’avènement du cinéma parlant et de son corollaire le doublage, certaines vedettes de l’écran et du théâtre ont prêté ponctuellement leur voix à des grands rôles. Ainsi Fernand Ledoux a doublé Lionel Barrymore dans Raspoutine et sa cour (1932), Jacques Dumesnil s’est vu attribuer Basil Rathbone dans Capitaine Blood (1935), Jean Chevrier a prêté sa voix à Cary Grant dans L’impossible Monsieur Bébé (1938) et René Dary a incarné vocalement le Comte d’Essex (Errol Flynn) dans La Vie privée d’Elisabeth d’Angleterre (1939).



DU SUPER-ESPION A L’ANIMATION

Juste après guerre et jusqu’à la fin des années 50, Jacques Dumesnil (encore lui) a eu l’honneur de doubler Chaplin dans les quelques films parlants de la fin de sa carrière. Au milieu des années 60, les décideurs de la Columbia ont eu l’idée de faire venir dans un auditorium de doublage l’acteur et chanteur Jean-Claude Pascal pour prêter sa belle voix suave à Dean Martin dans les quatre films de la série des Matt Helm. Son nom sera même inscrit au générique de début du film et sur les plaquettes publicitaires ( « Dans la version française, Matt Helm chante et parle exactement comme Jean-Claude Pascal »). Ce phénomène de « starisation » des doublages n’a fait que s’accroître par la suite.

Depuis quelques années, les Majors hollywoodiennes font appel à des vedettes pour post-synchroniser les rôles principaux des films d’animation : Mel Gibson (Pocahontas, Chicken Run), Tom Hanks (Toy Story et Toy Story 2), Jeremy Irons (Le Roi Lion), Glenn Close (Tarzan), Kevin Spacey (1001 Pattes)... Certains, tels Woody Allen et Sylvester Stallone dans Fourmiz ou Robin Williams dans Aladdin ont même accepté que leurs traits soient associés aux personnages qu’ils doublaient.

La pratique se généralise en France dans les années 90 et plusieurs catégories d’artistes ont été mises à contribution : comédiens, chanteurs, humoristes... En 1991, le dessin animé de Don Bluth, Rock-O-Rico, a ainsi permis d’entendre Eddy Mitchell, Lio, Tom Novembre, Philippe Lavil et Boris Bergman. Trois ans plus tard, Walt Disney Pictures confie à Jean Réno le rôle de Mufasa et à Jean Piat celui de Scar dans Le Roi Lion.

Ils furent ainsi, chez Disney, parmi les premiers d’une longue liste d’invités exceptionnels : Annie Cordy, Mathilda May et Elie Semoun dans Pocahontas (1995), Francis Lalanne et Jean Piat dans Le Bossu de Notre Dame (1996), Patrick Timsit dans Hercule (1997), José Garcia dans Mulan (1998), Muriel Robin et Valérie Lemercier dans Tarzan (1999), Jamel Debbouze dans Dinosaure (2000), Didier Gustin dans Kuzco, l’empereur mégalo (2001), Jean Réno, Patrick Timsit et Mouss Diouf dans Atlantide, l’empire perdu (2001)... Et la liste n’est pas prête de s’interrompre.