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EDGAR GIVRY
Comédien
Entretien réalisé à Paris,
le 21 septembre 2005
Par François JUSTAMAND
Photos de
Françoise RAYBAUD
Remerciements
à René RENOT

Le comédien Edgar Givry est, ce que l’on peut appeler, une vedette de la synchro. En effet, il est la voix française bien connue de Richard Dean Anderson (MacGyver, Stargate) mais il apporte aussi tout son talent, sa subtilité à des acteurs plus « cérébraux » tels que John Malkovich, Timothy Dalton, Jeremy Irons...

Mais la carrière d’Edgar Givry ne s’arrête pas là. Il tourne de plus en plus pour la télévision et le cinéma. Il n’est plus seulement une « voix de l’ombre » mais aussi un visage que l’on peut voir notamment dans les derniers films de Francis Veber.



La Gazette du doublage : Comment êtes-vous devenu comédien ? Parlez-nous de votre parcours théâtral ?

Edgar Givry : Je suis né le 9 Août 1953 à St Raphaël (Var). Très tôt, j’ai su que je voulais être comédien ; ce qui n’était pas du tout du goût de mon père qui me voyait plus ingénieur comme lui ou médecin comme mon grand-père. C’est donc en cachette que je me suis inscrit à l’âge de 16 ans au cours de Jean-Laurent Cochet. J’y allais deux à trois fois par semaine, le soir, après le collège. Mes parents étant en plein divorce, ils avaient d’autres chats à fouetter et surveillaient peu mes allées et venues, ce qui m’arrangeait finalement assez bien.

J’ai compris très vite que la scène était un lieu où je me sentirais mieux que dans cette société en pleine mutation. Nous sommes juste après les événements de 1968 : tout le système scolaire éclate, ma famille éclate... Le théâtre est donc pour moi "les planches de salut".

J.L. Cochet parle souvent alors de celui qui l’a formé, René Simon, et donc ne me sentant plus très à l’aise dans son cours pour des raisons humaines plus que théâtrales, je me dirige tout naturellement vers le boulevard des Invalides ou se trouve le fameux cours Simon. J’y suis très bien reçu par "le Patron", comme l’appelaient tous ses élèves.

A peine six mois après mon arrivée, Simon me convoque dans son bureau pour me dire de me présenter au théâtre Michel car c’est la troisième année de La ville dont le prince est un enfant. En effet, Jean Meyer, le metteur en scène, et Henry de Montherlant, l’auteur, cherchent une deuxième troupe pour reprendre les rôles des jeunes qui avaient vieilli entre-temps. Je passe donc l’audition. Je suis choisi pour ma première pièce que je vais jouer plus de deux ans à Paris, trois semaines à Londres chez Laurence Olivier au Aldwych Théâtre et enfin en tournée à travers le Québec.