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HONG SAN-SOO
Réalisateur
Entretien réalisé
le 19 octobre 2005 à Paris
Par Frédéric CAMUS
Remerciements à Monica Donati

En une poignée de films sensibles et précieux, Hong San-Soo s’est révélé comme l’un des cinéastes contemporains les plus originaux. Peuplé de post-adolescents largués, à la poursuite de femmes centres du monde et à peine moins désemparées, profondément coréen mais à vocation universel, son univers semblait désormais identifiable. Présenté cette année au Festival de Cannes, son dernier film, Conte de Cinéma, témoigne pourtant d’une indéniable nouveauté. Rencontre



Objectif Cinéma : Qu’est-ce qui a déclenché de tourner ce nouveau film ?

Hong San-Soo : Souvent, lorsque je commence à penser à l’idée d’un nouveau film, je pense à quelque chose de quotidien. Pour ce film, j’avais en tête l’idée d’un homme qui sort du cinéma. Cet homme a vu un film, et ce film désormais l’influence. Je commence toujours par ce moment de vie quotidienne, puis les pièces commencent à se mettre en place, et tout cela forme un tout à la fin. Je n’ai plus alors qu’à finaliser la forme.

Certains scénarios partent d’une idée dramatique, et ne sont que la démonstration ou l’illustration de celle-ci. Mais pour moi, ce sont ces éléments fragmentaires qui ont l’air indépendants les uns des autres qui me viennent et qui trouvent une place. Lorsque je mets ensemble ces fragments disparates, je me rends compte qu’en réalité, il y a un rapport, c’est presque magique.


Objectif Cinéma : Le film peut être vu selon plusieurs niveaux de lectures. On peut par exemple considérer qu’il s’agit de deux moyens-métrages accolés, ou qu’il existe des coïncidences entre les deux, ou encore qu’il s’agit d’un tout construit sur l’idée de répétition....

Hong San-Soo : Tout à fait, à un premier niveau, il peut s’agir d’un spectacle que vous voyez, dans une salle de cinéma par exemple, et de son influence sur votre comportement ensuite. A un second niveau, il peut s’agir de deux hommes (ou d’images d’hommes), apparemment différents, finalement soudés de manière précaire au bout de l’histoire : un adolescent et un adulte qui n’a pas réussi à grandir. A un autre niveau encore, le film pourrait montrer la distance intime qui existe entre l’acte amoureux et la mort ou simplement les images de deux êtres côte à côte. Il peut encore s’agir de montrer la « répétition ». Comme mode de vie (ou de film) qui peut à son tour révéler au spectateur les éléments de la structure sous un nouvel éclairage.