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LA CITE SANS VOILES
de Jules Dassin
Par Pierre GAFFIÉ

SYNOPSIS : L’enquête sur le meurtre d’une jeune femme mène un vieil inspecteur et une jeune recrue à un trafic de bijoux volés.



POINT DE VUE

Au milieu de l’effervescence urbaine, des tentatives pour « saisir » ou comprendre le mode de fonctionnement de nos cités, on peut trouver dans la re-sortie en salles du film de Jules Dassin La cité sans voiles (1948) un synchronisme passionnant. Lui-même enfant de l’exil (après avoir été dénoncé par le Maccarthysme, il dut quitter les USA et partir pour l’Europe) rien ne prédisposait pourtant Jules Dassin à devenir le portraitiste du malaise urbain, qu’il prenne place à Londres (Les forbans de la nuit) ou à New-York

« Huit milles histoires se sont déroulées aujourd’hui à New York... » annonce le narrateur au début de La cité sans voiles. « Celle qui suit est l’une d’elles... » Rien qu’avec cet avertissement ironique, notre sens de l’aléatoire, du hasard des destinées est tenu en éveil. L’action a beau nous entraîner sur les traces de bijoux volés, d’usurpation d’identité et de meurtres, on devine que le script est un simple fil, au milieu d’une pelote de personnages ramant contre le vent et les emplois du temps. Seul, l’inspecteur de police semble tenir le cap. Sans doute parce que son rythme de travail, sa bonhomie (et sa distance) lui permettent d’encaisser. À certains moments du film, il se montre même plus proche de Cioran que de Maigret...

Bertrand Tavernier me confiait il y a quelques années, à propos du Taxi Driver de Martin Scorsese, que la campagne, le « vert » était l’antidote privilégiée des héros américains névrosés par la ville. (dans Taxi Driver, Robert De Niro veut sauver une jeune prostituée de 13 ans - Jodie Foster - et son premier réflexe est de l’envoyer dans le Vermont, le poumon paysan des USA...)