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PRESQUES FRERES
de Lùcia Murat
Par Alexandre JUMEL

SYNOPSIS : Fin des années 60, Miguel, un jeune intellectuel blanc, est incarcéré avec son ami d’enfance Jorginho, un noir. Pourtant ils n’ont pas vraiment le même statut dans la prison, l’un est issue de la classe moyenne, il est emprisonné pour ses idées, c’est un prisonnier politique. L’autre est issue du quartier tristement populaire des favelas, les raisons de son incarcération sont criminelles, c’est un prisonnier de droit commun. Entre revendication, trafique et châtiment, le pénitencier est le lieu ou les règles qui subsistent marqueront la réalité du Brésil actuel.



POINT DE VUE

« Nous avons tous deux vie : la vraie, celle que nous rêvions. La fausse, celle que nous vivons ». C’est sur cette phrase du poète portugais Fernando Pessoa que débute le film de Lùcia Murat. L’intrigue a pour toile de fond la réalité historique des années 70 : La dictature militaire du Brésil. Cette période sombre de son histoire est retracée ici à travers les différentes phases de la vie de Miguel et de Jorginho. Murat utilise une diégése flash back, elle entraîne ainsi le spectateur dans les années 70, 2004, effectuant un va et vient incessant. Ce style de narration a pour but de nous montrer les conséquences aujourd’hui des décisions du passé. Car ce qui prévaut dans la prison est le résultat final du quartier favelas, celui d’une population sans loi, sans ambition, où la violence excelle sous toutes ses formes.

Le film a un léger problème de rythme qui prendra fin dans sa deuxième moitié. La lenteur du début peut décourager les possesseurs du pass illimité à suivre le long métrage. Pourtant ils commettront l’erreur de tourner le dos à un film politique, dénonciateur de violence. Car cette lutte des classes sur fond de racisme appuie le discours éternel de la ségrégation. Celle de la prison avec les blancs d’un côté les noirs de l’autre et puis celle de la population avec les riches d’un côté et les pauvres de l’autre.