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6e FESTIVAL
DE CINEMA DU
GRAIN A DEMOUDRE

Compte Rendu
Par Tiphaine ROCHEREUIL
Photo N&B de Roger LEGRAND

Coup de projecteur sur le Festival de cinéma Du grain à démoudre dont c’est la 6ème édition. Soulignons le caractère original de cette manifestation encore trop peu connue qui est organisée et animée par des jeunes de 10 à 25 ans. Par ce biais, ils transmettent leur passion du cinéma en proposant des projections de films, des débats et des rencontres entre jeunes cinéphiles européens. Sont aussi prévus des ateliers d’éducation à l’image et au cinéma.



A l’origine du festival, l’énergie et la volonté d’une femme, Ginette Dislaire, dont l’enthousiasme a permis de tenir le pari d’un festival « où l’on travaille à hauteur d’enfant donc on met la barre très haut ». Elle a d’ailleurs activement pris part à la mise en en place au niveau national du dispositif d’éducation à l’image Ecole et cinéma sous la double tutelle du Ministère de l’Education Nationale et du CNC. La création du festival se veut donc un écho à cette démarche ambitieuse.


VARIATIONS SUR LE MEME THEME : L’ABSURDE

Les films en compétition - 6 courts-métrages et 6 longs-métrages - sélectionnés par nos jeunes organisateurs, abordent sur des registres très différents le thème de cette année : l’absurde. Parmi les longs-métrages c’est Graines de clowns de Pascal Goethals qui se distingue. Ce documentaire nous montre le processus de formation des clowns qui vont intervenir en milieu hospitalier auprès des enfants. La caméra s’attarde sur ces bénévoles qui, confrontés à la maladie et à la mort, se confient entre doutes et moments de joie. Le cinéaste nous amène ainsi dans les coulisses de cette association de clowns en évitant toute tentation voyeuriste. Fous rires, émotion et réflexion sont au rendez-vous dans ce documentaire passionnant sur le cheminement de ces bouffons modernes, empreint d’un humanisme lumineux, loin de toute mièvrerie.

Côté courts, citons B-Boys & Fly-Girls, le documentaire éclairé de Paola Stevenne. La composition d’un morceau de rap est ici le prétexte à une rencontre entre deux univers qui habituellement ne se rejoignent pas dans ce milieu : un groupe de filles (Fly-Girls) et un groupe de garçons (B-Boys). La réalisatrice a su habilement se détourner des propos convenus sur les « jeunes-rappeurs-de-banlieue » pour aborder de façon originale les rapports homme/femme. Le film nous plonge dans un work in progress sans temps mort grâce à un montage très réussi, montage qui illustre par sa rythmique la fécondité d’une rencontre et la confrontation entre deux univers. La femme seule, documentaire d’une sobriété lumineuse, raconte quant à lui l’histoire d’une jeune Togolaise de 32 ans, victime d’esclavage moderne en France. Ce film a d’ailleurs remporté - et c’est mérité, tant le regard du cinéaste, Brahim Fritah, reste singulier - le Grain d’or du meilleur court-métrage. S’il y a un point commun entre ces deux œuvres c’est bien la volonté de sortir d’un discours de victimisation trop souvent de mise au sein des journaux télévisés et le refus d’une iconographie misérabiliste.