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JO MILGRAM
Collectionneur
de films de Jazz
Par Nicolas VILLODRE

Notre ami Jo Milgram est mort le 7 novembre 2005 à l’âge de 89 ans. Nous reprenons ici l’entretien qu’il nous avait accordé en octobre 1987 et que la revue d’Annie Bozzini, Pour la danse, qui a malheureusement cessé de paraître, avait alors publié.



LES FILMS DE JAZZ


Au fil des années, il a réuni quelque soixante heures de films où les plus fameux musiciens côtoient les tap-dancers, de Bill Robinson à Jimmy Slide. Dans cet entretien, Jo Milgram nous montre comment les danseurs noirs, au-delà de la technique, se sont attachés à créer un style personnel, une griffe. Du premier concert de Duke Ellington à Paris en 1933 aux clubs de Harlem où l’on danse aujourd’hui sur le hit-parade, Jo Milgram nous rappelle quelques grands noms et moments célèbres du jazz que nous fait revivre sa collection de films.


Objectif Cinéma : Comment avez-vous été pris par le virus du jazz ?

Jo Milgram : Je suis tombé par hasard dans une brocante sur un vieux 78 tours de Louis Armstrong que j’ai écouté sur place. Cela a été la révélation immédiate et totale... Et puis, de fil en aiguille, j’ai rencontré des gens. Comme on n’était pas nombreux, on se réunissait et j’ai connu ce qui est devenu le Hot-Club de France, première organisation au monde groupant des amateurs de jazz. C’était une association, avec des statuts, un insigne, une revue mensuelle devenue Jazz-Hot.


Objectif Cinéma : Parlez-nous des premiers concerts auxquels vous avez assisté.

Jo Milgram : Il y a eu le concert de Duke Ellington en 1933 à la salle Pleyel. C’était plein. J’ai du mal à comprendre pourquoi la salle Pleyel était bourrée alors qu’il y avait si peu d’amateurs de jazz. Après la Libération, je crois que c’est en 1950, Duke Ellington est revenu et le Palais de Chaillot était à moitié vide alors que le jazz était beaucoup plus répandu.

Objectif Cinéma : Où se produisait Django Reinhardt ?

Jo Milgram : Dans des dancings ou bien dans quelques rares concerts. Ce n’était pas comme maintenant : il n’y avait pas de boîtes spécialisées. C’était l’époque des boîtes de nuit. La plus célèbre était le Florence où il y avait un orchestre noir attitré, Sam Wooding et puis Willy Lewis. C’était la boîte chic où les bons musiciens noirs venaient jouer.